"Morgane" : et si on fichait la paix au mythe de Frankenstein ?

"Morgane" : et si on fichait la paix au mythe de Frankenstein ?

COUP DE GUEULE – En salles ce mercredi, le thriller SF "Morgane" de Luke Scott s’inquiète, une fois n’est pas coutume, des fameuses limites de la science. Il y est question d’une créature qui se retourne contre ses créateurs. Une antienne hollywoodienne qui nous sort décidément par tous les pores !

Luke Scott n’a visiblement pas froid aux yeux. A 48 ans, le cinéaste britannique a choisi la science-fiction pour faire ses premiers pas derrière la caméra. En apparence, cette démarche n’a rien d’ahurissant. A un (petit) détail près : l’intéressé n’est autre que le fils du maestro Ridley Scott, lequel a offert à ce genre cinématographique des œuvres matricielles telles Blade Runner ou Alien, le huitième passager. Soit un héritage (royal) aussi lourd à porter qu’un éléphant sur le dos d’une fourmi. Mais comme il y a un début à tout, on a essayé, avec toute la bonne volonté terrestre, de croire au bien-fondé de Morgane et de sa énième relecture du mythe de la créature de Frankenstein. 

Mais de quoi parle plus précisément ce projet ? Lee Weathers (Kate Mara fantomatique), consultante en gestion du risque, est envoyée dans un lieu reculé où une étrange société mène, dans le secret le plus absolu, des expériences génétiques révolutionnaires visant à mettre sur pied des humains hybrides. Objet de l’enquête ? L’une des créations, baptisée Morgane, multiplie ces derniers temps les actes de rébellion –un crayon enfoncé dans l’œil d’un certain Dr. Grieff, par exemple– contre le personnel en place.

Comme une impression de déjà-vu…

A l’image du récent Ex Machina d’Alex Garland, Luke Scott mise ici sur des décors minimalistes et épurés qui donnent à son ouvrage filmique une allure de bloc opératoire sur rails. Et c’est donc la fameuse métaphore du monstre en guerre contre ses inventeurs qui passe là sur le billard. Une opération inutile, chapeautée à la production par Ridley himself, sur le point de finir dans la morgue de tous ces longs métrages analogues. De toutes ces œuvres, pareilles à des clones, qui sont condamnées à se serrer les coudes dans les galeries de l’oubli. 

Malgré ses aptitudes techniques de bon faiseur, le kid Scott empaquette en effet son intrigue prévisible d’un linceul imbibé de chloroforme. Quelques séquences d’action, d’une violence complaisante, tentent en chemin de faire cligner les paupières étourdies. En vain. Impossible par ailleurs de s’attacher aux personnages, antipathiques à souhait, et dont les menues interactions ne font que perpétuer le sentiment d’ataraxie qui encapsule tout sur son passage.       

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