Mort de Wes Craven : Alexandre Aja rend hommage à son mentor et livre son top 5

Mort de Wes Craven : Alexandre Aja rend hommage à son mentor et livre son top 5

DECES – En 2003, Alexandre Aja rencontre Wes Craven à Los Angeles après la sortie de "Haute Tension". L’émotion est totale, l’alchimie immédiate. Trois ans plus tard, le premier réalise "La colline a des yeux", remake percutant du classique signé par le second. Et ne quitte plus de vue son idole… Contacté par Metronews, l’ambassadeur le plus talentueux du cinéma de genre en France rend un hommage vibrant au père de Freddy Krueger.

"Il était adorable, cultivé, gentil, humble, discret…" Alexandre Aja ne tarit pas d’éloges pour décrire Wes Craven, son mentor, mort le 30 août des suites d’un cancer du cerveau. "On ne s’y attendait pas. Il n’avait jamais parlé de sa maladie, pas même à des personnes très proches de lui… Il a gardé le secret. Il va me manquer. Il va nous manquer", explique le jeune cinéaste français, la voix empreinte de tristesse. "Contre toute attente, il est venu à l’horreur par accident et y est resté par malédiction. Il rêvait profondément de faire un autre type de cinéma, plus connecté à la vie, au réel." Il n’empêche que le maestro restera dans les annales grâce à une filmographie riche en sueurs froides. Alexandre Aja en propose un top 5 circonstancié. 

1. Les griffes de la nuit
"C’est le premier film d’horreur que j’ai voulu voir dans ma vie. Sur la base d’une histoire originale, Wes Craven a réussi à inscrire son héros dans l’imaginaire collectif, comme le croquemitaine avant lui. Tout le monde connait Freddy Krueger, même ceux qui n’ont jamais vu Les griffes de la nuit. Tout ça a dépassé le simple cadre de la fiction ou de la pop-culture. C’est une forme de mythe. Le résultat nous hante pour toujours. Il a ce pouvoir de créer une peur insidieuse qui accompagne le spectateur pendant longtemps."

2. La dernière maison sur la gauche
"Contrairement à tous les réalisateurs post-modernes, Wes a eu l’humilité de dire quand on lui a proposé de faire un film d’horreur : ‘Je ne sais pas comment m’y prendre. Par contre, j’ai fait des documentaires et je peux me baser sur ça’. En s’inspirant de La Source d’Ingmar Bergman, il a mis en scène quelque chose d’inédit, du jamais vu. Tourné à l’épaule, ce film, d’une force extrême, constitue l’une des expériences les plus traumatisantes que j’ai vécues. Il m’a d’ailleurs beaucoup influencé pour Haute Tension. Merci Wes !"

3. La colline a des yeux
"Ici, Wes Craven a transposé dans le désert californien une histoire vraie qui s’était déroulée dans l’Irlande du 15ème siècle. Une idée pertinente qui donne naissance à un monde délirant. Certes, ce n’est pas à la hauteur des deux précédents. Ça a vieilli, les acteurs ne sont pas très bons mais il y a de la suite dans les idées. Je me souviens qu’il était ravi en découvrant le remake. Il en a été assez fier. C’était une manière pour lui de se réapproprier ce film dont il n’était pas forcément satisfait."

4. Le sous-sol de la peur, Shoker et L’emprise des ténèbres
"Ces trois longs métrages sont égaux dans leur inégalité et fascinants dans leur singularité. Ils portent extrêmement bien le sceau Wes Craven. On est loin de la qualité des Griffes de la nuit ou de La dernière maison sur la gauche mais ils dégagent un charme et une ambition incroyables. Et ce, en dépit de leur côté très série B. Leur force ? Ils sont basés sur des terreaux très originaux : Le sous-sol de la peur part d’un fait divers, Shocker se demande si l’on peut échapper à son passé et à son bourreau et L’emprise des ténèbres fonctionne comme un documentaire sur le vaudou."

5. Scream
"C’est un monument de l’histoire du cinéma à plein d’égards. Il a hélas marqué une décennie un peu pauvre. Je pense à tous les films qui en ont découlé comme Souviens-toi l’été dernier ou Urban Legend... Tous ces navets qui ont tué le cinéma de genre dans les années 90… (réflexion) Scream a des qualités folles : un scénario impressionnant, de l’humour, une mise en scène réaliste... Le tueur trébuche, tombe, se prend des coups… Ce qu’on n’a pas l’habitude de voir. Les coups de couteau sont réels car la personne qui les donne est humaine. Wes a longtemps hésité à le réaliser car il redoutait de possibles faits divers violents, comme cela a été le cas après la sortie de La dernière maison sur la gauche."

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