"Nerve": le film de la génération Snapchat fait pschitt

CINÉMA

BOF - En salles ce mercredi, "Nerve" imagine une application où de jeunes gens relèvent des défis diffusés en live à qui voudra bien payer l’abonnement. Pur produit de la génération Périscope et consort, ce divertissement bas de gamme échoue à épingler les travers des réseaux sociaux et prouve qu’une bonne idée ne fait pas toujours un bon film. Voilà pourquoi…

Parce que le concept originel est vite sacrifié…

Adapté du roman Addict de Jeanne Ryan, Nerve rejoint, à l’image du récent et malin Unfriended, ces productions (opportunistes) savamment marketées pour les adulescents ultra-connectés. Ce long métrage dirigé par les papas de Paranormal Activity 3 et 4 tisse en effet son scénario malingre autour de l’impact des réseaux sociaux. Il y est plus précisément question d’une appli pour smartphones qui permet aux utilisateurs d’être joueurs ou voyeurs ; les seconds payent pour contempler les défis fous que les premiers acceptent de relever, moyennant de coquettes sommes. L’idée, géniale au demeurant, est atrocement mal exploitée.

Parce que l’ensemble est intellectuellement indigent…

Pourtant, on y croyait. Surtout à cette héroïne, lycéenne discrète et lambda, qui empoigne dans les défis de Nerve la consécration qu’elle a toujours recherchée. En se dépassant aux côtés d’un motard sexy, avec qui elle enchaîne les dangers en mondovision (rouler à tombeau ouvert, se faire tatouer ou marcher au-dessus du vide), elle affole les followers, fait converger les lumières et les regards. Malheureusement, au lieu de creuser finement la problématique passionnante de cette jeunesse lobotomisée par la quête de notoriété, la trame se contente de dérouler ses péripéties avec une mécanique clippesque qui congédie toute réflexion. Et qui, en fin de course, rend l’entreprise effroyablement et bêtement stérile.

Parce que le film n’est jamais incarné…

Ils ont beau s’être éclatés comme pas deux lors du tournage, les sémillants Emma Roberts et Dave Franco peinent à donner de la chair à leurs rôles d’amants tourbillonnants. Les personnages en question, pourtant correctement introduits et vraiment prometteurs, se muent très vite en entités immatérielles, en pions sans vie qui basculent d’un point à l’autre de New York. Nul doute que la critique de l’hyper-consommation de Snapchat, Facebook Live et autre Périscope aurait été bien plus cinglante si ces héros avaient préservé, au fil du récit, une certaine humanité. Il ne sont in fine que vains clichés sur pattes. N’est pas The Game de David Fincher qui veut !

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