Nicolas Cage : "Pas question de m’enfermer dans un style"

Nicolas Cage : "Pas question de m’enfermer dans un style"

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INTERVIEW - Nicolas Cage est à l'affiche ce mercredi de l'excellent drame "Joe", plongée dans la misère du sud orchestrée par le cinéaste David Gordon Green. L'acteur y incarne un ex-taulard en quête de rédemption qui vient en aide à un ado maltraité.

Joe marque votre grand retour dans le cinéma indépendant américain. Qu'est-ce qui vous a séduit dans ce projet ?
La chance de travailler avec David Gordon Green. C'est un réalisateur original et créatif. Sa signature artistique est très reconnaissable (Il s'interrompt, réfléchit et reprend). Je vais bientôt avoir 50 ans, j'ai deux enfants. Ces dernières années, j'ai vécu des choses qui m'ont interrogé sur le sens de la vie. Toutes proportions gardées, je me suis un peu retrouvé dans Joe. Notamment dans la relation qu'il entretient avec le jeune Gary, un gamin de 15 ans qui cherche du boulot et qu'il prend sous son aile.

Joe est un ex-taulard qui tente de redémarrer à zéro en travaillant dans une société d'abattages de bois. Il est loin de vous, non ?
Certes, mais je le comprends. Je comprends sa frustration, son honnêteté, son besoin de se contenir. J'aime sa capacité à déceler le potentiel de Gary et la bienveillance qu'il lui accorde. J'ai déjà eu droit à ce type de mains tendues quand j'étais au lycée, avec une prof de philo et un coach d'arts dramatiques. Ils sont précieux.

"Je cherche à m’éloigner de ma zone de confort"

Le film nous plonge aussi dans la misère et la violence du sud...
En effet... David livre un instantané très dur de cette partie des Etats-Unis. Un constat qu'il est parfois difficile d'affronter. En aucun cas le résultat final ne parait faux. Tout comme mon personnage, à qui j'ai apporté des touches d'humour pour éviter la caricature, l'ensemble est authentique (Réflexion). Dans tous les pays du monde, il y a des franges oubliées. La solitude de Joe revêt de fait un caractère universel, que l'on vive au Texas, à la Nouvelle-Orléans ou ailleurs.

Comment choisissez-vous vos rôles ?
Je cherche à m’éloigner de ma zone de confort. J’ai parfois des envies de films pop comme Ghost Rider, de dépasser les limites du réel pour toucher une sorte de fantasme opératique. Pas question en tout cas de m’enfermer dans un style. Je veux explorer des choses nouvelles pour me réinventer, raison pour laquelle j'aime passer du cinéma indépendant aux blockbusters. C'est possible dans d’autres arts comme la musique ou la peinture, alors pourquoi pas le cinéma ?

"J'adorais les Beatles"

Jouer, c’était un rêve de petit garçon ?
Pas vraiment non. Quand j’étais petit, je regardais religieusement la télé. J’adorais Clint Eastwood et Charles Bronson. Je voulais être ces mecs ! En allant à l’école, je m’imaginais dans un film avec des zooms et des travellings (rires). C’est à 14 ans que j’ai compris avec A l’est d’Eden ce que pouvait offrir le cinéma. Je n’avais jamais ressenti quelque chose de tel. Dans aucun autre art, pas même la musique. Et pourtant j’écoutais et adorais les Beatles !

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