"Nymphomaniac", la critique : audacieux, jamais vulgaire… et très drôle

"Nymphomaniac", la critique : audacieux, jamais vulgaire… et très drôle

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SORTIE - Lars Von Trier à la hauteur du buzz ? En salles ce mercredi, la première partie du diptyque Nymphomaniac dresse un portrait de femme jusqu’au-boutiste, porté par les comédiennes Stacy Martin et Charlotte Gainsbourg. Et ponctué de pas mal d’humour.

Sacré Lars Von Trier. "Toujours là où on ne l'attend pas" : voilà un cliché que les journalistes connaissent bien. Lars Von Trier, lui, est toujours là où on l'attend. Provocateur, sulfureux, prêt à franchir les limites du visible, tout ce qu'on voudra : si l'homme n'est pas toujours fréquentable, le réalisateur est au meilleur de sa forme. Pour preuve, ce Nymphomaniac, dont le premier volet sortira ce mercredi. Le titre, la bande-annonce, le buzz promettaient un film très cru. Ça, c'est sur le papier. Sur l'écran, surprise : Nymphomaniac est peut-être le film le plus drôle du scandaleux Danois, qui n'a jamais autant exploité son potentiel comique.

Bien plus qu'un film cru

Certes, les petites culottes volent, les acrobaties se succèdent et on ne rate rien de l'anatomie de Stacy Martin, son interprète principale. C'est cette jeune inconnue aux faux airs d'Eva Green qui prend tous les risques alors que Charlotte Gainsbourg, la tête d'affiche, est en retrait dans cette première partie. Gainsbourg incarne Joe, une femme retrouvée assommée dans la rue, recueillie par un brave homme, Seligman (Stellan Skarsgard) à qui elle déballe toute sa vie de nymphomane.

Les flash-backs sur son adolescence composent la majeure partie du film, découpé en chapitres où la jeune fille (sous les traits de Stacy Martin) apparaît plus lucide que victime. Von Trier aime multiplier les inscriptions didactiques pour accompagner les expériences parfois choquantes, souvent amusantes de Joe, d'autant plus que Seligman répond par des analogies inattendues avec la pêche, Edgar Poe ou Bach... sans jamais perdre le fil.

Un portrait de femme jusqu'au-boutiste

Au milieu de scènes culottées, on tombe sur une performance plus dramatique d'Uma Thurman, pas maquillée, dévastée par le chagrin et la colère, dont le mari s'est imaginé pouvoir vivre une histoire d'amour avec Joe – alors que celle-ci attendait simplement son prochain coup d'un soir. Ou une remarquable scène en noir et blanc, sur l'agonie de son père adoré. Sur un registre plus léger, Shia LaBeouf, pas réputé pour son charisme, s'en sort dans son rôle de "premier amour" (là aussi, on rit), mais en bon Américain, il garde ses parties intimes soigneusement cachées.

On aurait donc tort de tout miser sur le soi-disant "porno de Lars Von Trier". Le réalisateur offre un nouveau portrait de femme inédit au cinéma, jusqu'au-boutiste, audacieux sans tomber dans le vulgaire, au grand dam de ses détracteurs. Le générique de fin présente des images du chapitre 2 qui semble beaucoup plus sombre et violent. Le buzz pourra reprendre à sa sortie, le 29 janvier.
 

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