Olivier Baroux : "Les Tuche, je les trouve plus rebelles que beaufs"

CINÉMA
AUTOPSIE D’UN SUCCES – Après avoir réuni plus de 4,4 millions de spectateurs en salles, "Les Tuche 2 - Le rêve américain" débarque dans les rayons Blu Ray et DVD (Pathé Video). L’occasion pour Metronews de revenir sur le carton de cette suite avec le réalisateur Olivier Baroux.

Est-ce l’engouement du public pour le premier film qui a décidé de cette suite ?
C’est plus précisément le plébiscite qu’il y a eu lors de la première diffusion des Tuche à la télé (plus de 8 millions de téléspectateurs en 2014, ndlr). Les gens se le sont totalement réappropriés: depuis, à chaque film que je sors, de Pamela Rose à Entre amis, on me réclame le retour des Tuche.

Comment expliquez-vous cette popularité ?
Par l’humanité de ces personnages. Ils sont drôles et atypiques : ce sont les cousins français des Simpsons. Mais ils sont aussi profondément bons. Et puis, en France, peu de films peuvent réunir toute la famille, du papy au petit-fils.

Des Bidochon aux Deschiens, les Français aiment ce type de personnages que l’on pourrait qualifier de beaufs ?
Moi, je ne les considère pas ainsi. Je les trouve plus rebelles que beaufs : ils vivent juste à contre courant.

En période de crise, le public n’est-il pas aussi heureux de voir des précaires réussir ?
Si, il y a clairement un côté feel-good movie : ça rassure notamment les gens de voir que malgré l’argent, on peut rester raisonnables, ne pas péter les plombs et rester soudés.

"C’est mon huitième film et la critique m’indiffère"

Les critiques n’ont pas toujours été tendres avec les Tuche. Ca vous affecte ?
Pas une seconde. Ce qui compte pour un réalisateur, c’est le retour du public. Les critiques, je ne les lis pas. Mais, bien sûr, on me les raconte parfois.

Ce n’est pas un peu langue de bois comme discours ?
Non. Si j’avais 25 ans et que je débutais, il serait peut-être important pour moi d’avoir une bonne image dans la presse. Mais j’ai 53 ans, c’est mon huitième film et la critique m’indiffère. Elle fait ce qu’elle veut mais je ne travaille pas pour elle. Même si demain j’étais en Une de Libération ou de Télérama avec comme titre "Olivier Baroux est le meilleur réalisateur du monde", je m’en foutrais complètement.

Télérama a justement fait une bonne critique des Tuche 2...
C’est tellement prévisible. J’étais persuadé que nous aurions quelques bonnes critiques sur Les Tuche 2 et ça s’est vérifié. Quand une comédie avec des « beaufs » devient culte, elle devient aussi un peu chic pour des magazines qui d’habitude vous démolissent. C’est une posture, rien d’autre. Et sur le troisième, ils diront sûrement l’inverse.

Justement, que pouvez-vous dire du troisième ?
On tourne dans un an pour une sortie en février 2018. Tous les acteurs seront là et il sera question d’une campagne politique. Ce sera sans doute le dernier.

Et un projet avec Kad ?
On travaille sur un one shot d’1h30 pour la télévision qui sera diffusé en novembre.
 

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