"Only Lovers Left Alive" : Jim Jarmusch libère ses gracieux vampires

"Only Lovers Left Alive" : Jim Jarmusch libère ses gracieux vampires

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SORTIE - Ce mercredi sort en salles "Only Lovers Left Alive", le nouveau long métrage de Jim Jarmusch, présenté en mai dernier à Cannes. Le cinéaste américain y dépeint la romance dopée à la mélancolie de deux vampires rock.

Marre des films de vampires calibrés pour un public d'ados romantiques ? Pas de panique, Jim Jarmusch détient la panacée qui guérira les plus à cran. Avec Only Lovers Left Alive, présenté en mai dernier à Cannes en compétition officielle, l'inimitable cinéaste américain époussette de sa singulière étrangeté les récents délires blood-friendly. Des Etats-Unis au Maroc, il s'attarde avec langueur sur l'idylle entre Adam et Eve, deux suceurs de sang qui préfèrent la carotide aux pommes.

Le premier est un musicien underground, perfusé au spleen depuis l'éternité à laquelle il est condamné. La seconde brille par sa pâleur et sa chevelure peroxydée, un look qui lui donne l'image de la femme asthénique qu'elle n'est pas. Depuis que le monde est monde, ces deux-là, formidablement incarnés par Tom Hiddleston et Tilda Swinton, s'aiment. Mais comment entretenir la flamme lorsqu'on est immortel et que le monde se transforme ? Telle est la question que pose le dandy Jarmusch en creux de son récit.

Adam et Eve pleins de grâce

Outre l'arrivée de l'exubérante Ava (Mia Wasikowska), la petite sœur d'Eve, le couple trouve ici sa subsistance et sa survie dans l'art et les virées nocturnes. De Detroit à Tanger, réputée comme étant la muse de bien des artistes, les deux vampires vont balader leur silhouette spectrale, se confondre aux ombres, invoquer des auteurs érudits (Lord Byron en tête), écouter du rock'n'roll dans des bars mystérieux et, en cas d'extrême besoin, s'enfiler une rasade d'hémoglobine.

Très librement inspirée du Journal d'Adam et journal d'Eve de Mark Twain, paru en 2005, cette œuvre constitue une plongée originale, drolatique et sexy dans les méandres du mythe de Dracula. En matant le sensationnalisme et les clichés qui ont cancérisé le genre, Jarmusch opte pour une parabole troublante et gracieuse sur cette nostalgie qui noue l'estomac des exilés qui, comme Adam et Eve, voient le monde s'effondrer, sans pouvoir le secourir.

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