Orelsan : "J’ai beaucoup remis à demain ce que je pouvais faire à la minute même"

CINÉMA
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INTERVIEW – Quand il ne squatte pas Canal+ avec sa série "Bloqués" ou qu’il ne rappe pas, Orelsan s’essaye au cinéma. Dans son premier film, "Comment c’est loin", adapté de l’album "Orelsan et Gringe sont les Casseurs Flowters", il se raconte aux côtés de son acolyte Gringe. metronews l’a rencontré.

Comment c’est loin… Que symbolise ce titre ?
Je l’ai choisi pour plusieurs raisons. Parce que c’est déjà l’histoire de deux mecs à côté de leurs pompes, loin d’eux-mêmes, qui ne vont pas au bout de leur passion. Parce qu’ils doivent terminer une chanson pour le lendemain sans être près d’y arriver. Parce qu’ils habitent en Normandie, loin de tout entre guillemets. Le film est une sorte de parcours initiatique durant lequel ils vont marcher longtemps pour se trouver. Et ça aussi, c’est loin (sourire).  
 
Etes-vous, comme on le voit à l’écran, du genre à procrastiner ? A tout remettre pour le lendemain ?
Ouais, carrément. J’ai beaucoup remis à demain ce que je pouvais faire à la minute même. Mon personnage et celui de Gringe sont très différents. Lui est plus névrosé, pas à l’aise. Il est fainéant, il a peur de réussir. Le mien ressemble à ce que je suis dans la vraie vie : il fait plein de trucs sans jamais arriver au bout de quelque chose. Quand j’étais jeune, on me disait souvent que je ne foutais rien alors que je passais mes journées à apprendre un tas de trucs sur l’ordi.
 
Dans quelles circonstances avez-vous rencontré Guillaume (alias Gringe) ?
C’était à Caen… Je l’ai rencontré dans le magasin de skate où il bossait en tant que stagiaire. J’y traînais avec mes potes. On m’a dit qu’il rappait, ce que je faisais déjà depuis un moment. Je l’ai abordé pour qu’on fasse un groupe alors que je n’avais jamais rien entendu de lui. C’est trop bizarre. J’étais tout feu tout flamme.

"Pour réussir à percer, il m’a fallu apprendre la patience"

Quels souvenirs gardez-vous de ces années de galères artistiques immortalisées dans votre film ?
Je suis content de les avoir vécues contrairement à certains qui ont explosé vite, grâce à un buzz, et qui sont persuadés de leur talent. Pour réussir à percer, il m’a fallu apprendre la patience. A la base, j’étais super timide, encore plus que dans le film. Je n’arrivais pas à discuter avec les gens, raison pour laquelle je n’ai pas trouvé du taf en sortant de mon école de management. J’ai fait plein de petits jobs. Si ma carrière musicale s’effondre, je n’ai pas du tout peur de prendre une autre voie.
 
C’est la première fois que vous réalisez un film. Avez-vous appréhendé ?
Vachement ! Le truc, c’est que je ne connaissais aucun réal et aucun film actuel correspondant à ce que je voulais. L’histoire est tellement propre à nous que personne d’autre ne pouvait la mettre en scène. J’avais déjà tout en tête : les décors, les costumes, etc. Heureusement que Christophe Offenstein (co-réalisateur du film, ndlr) était là pour m’épauler.

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Quel regard portez-vous sur la guerre que certains rappeurs se livrent par tubes interposés ?

Je ne suis pas dedans. A la limite, moi ça me divertit. Le clash a toujours été présent dans l’histoire du rap, même du rock. C’est un peu malsain mais j’aime quand ils se lancent des piques dans les morceaux. (rires)
 

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