Orlando : "Dalida est plus présente dans les esprits que beaucoup de stars actuelles"

CINÉMA
DirectLCI
INTERVIEW - A l’occasion de la sortie du biopic "Dalida", dont il a collaboré à l’écriture, Orlando s’est confié à LCI. Le frère et producteur de la fameuse interprète d’Il venait d’avoir 18 ans est revenu par le menu sur l’incroyable et bouleversante destinée d’une artiste plus vivante que jamais. Entretien.

LCI : Ce biopic consacré à Dalida a mis un certain temps avant de voir le jour. Pourquoi ? 

Orlando : Il y a cinq ans, une équipe américaine est venue me voir, avec une actrice de son choix, pour faire un biopic sur Dalida. Le projet devait être mené en coproduction avec la France. J’avais signé un contrat de trois ans à cet effet. Hélas, quand on est de l’étranger, quand on est américain, on ne sait pas vraiment qui est Dalida. Ils se sont trompés sur le choix des scénaristes. On m’a présenté deux-trois versions qui n’avaient rien à voir avec Dalida. C’était carrément un thriller qu’ils avaient fait ! 


Quelle a été la bascule ?

Au bout d’un moment, j’ai dit "Stop !". Le producteur Julien Madon, qui n’avait jamais lâché l’affaire, était de son côté convaincu que ça ne se ferait pas avec les américains. Il m’a appelé plusieurs fois, a insisté et avait une vraie vision de ce qu’allait être le film. Une vision qui était proche de la mienne. C’est grâce à lui que Dalida a vu le jour. Il m’a ensuite présenté la réalisatrice Lisa Azuelos. Une fois assuré que le scénario avait le bon tempo, ils ont eu toute la liberté possible. Quand je fais confiance à quelqu’un, je me retire très vite pour avoir le recul nécessaire. J’ai apporté le côté historique à Lisa et elle s’est occupée du cinéma.


Est-ce douloureux d’ouvrir à ce point son intimité et de l’affronter à l’écran ?

Je vais faire une note d’humour. Vous pensez vraiment qu’en ce moment, avec tout ce qui se passe dans notre société, il reste encore une part d’intimité des gens ? Il n’y a plus d’intimité ! On a fait ce film pour livrer la vérité avant que d’autres racontent n’importe quoi plus tard. C’est un témoignage, une réponse à tout ce que Dalida a offert à son art. Elle a donné sa vie à son public. Cela fait trente ans qu’elle nous a quittés et elle est encore plus présente dans les esprits que beaucoup de stars actuelles.

L’amour qu’elle avait, elle l’a donné à ses fansOrlando

Le film de Lisa Azuelos nous rappelle combien elle a souffert dans sa vie, notamment au gré de ses histoires d’amour. Que faisait-elle quand elle était heureuse ?

Il ne faut pas croire que Dalida était une personne triste. Elle était solaire. Elle a donné énormément de joie et de rêve. Si elle était triste, elle n’aurait jamais pu faire la carrière qu’elle a faite et recevoir l’amour de son public jusqu’à aujourd’hui. L’amour qu’elle avait, elle l’a donné à ses fans. Elle a eu des moments de bonheur, de joie, elle a croqué la vie à pleines dents, elle a aimé et a été aimée. Mais au milieu de tout ça, elle a vécu des moments dramatiques. Souvent, ses grands amours se sont mal terminés, avec des drames, des issues tristes. 


Comme en 1967… 

Oui. Son premier choc, c’était en 1967, au moment où elle était amoureuse du chanteur Luigi Tenco. Il s’est suicidé et elle a voulu se suicider à son tour. Sauvée par miracle, elle s’est alors posée plein de questions sur elle, sur la vie. Elle est allée dans un ashram en Inde pour y rencontrer un sage. Après ce drame, toutes ses expériences ont été mises au service de son art. C’est là qu’elle a commencé à chanter les grandes chansons comme Avec le temps, Je suis malade, Pour ne pas vivre seul… 


Elle a quitté ce monde avec un mot déchirant : "La vie m’est insupportable, pardonnez-moi"… Comment en est-elle arrivée à ce terrible constat ? 

Vers la fin de sa vie, la solitude, le fait de ne pas avoir d’enfant, le fait d’être femme seule… Tout ça a fait son chemin… Elle a créé l’image de Dalida et elle ne souhaitait pas qu’elle fane. Elle a préféré partir en pleine beauté, en pleine gloire.

En vidéo

"Dalida", le biopic-hommage 30 ans après sa mort

Plus d'articles

Lire et commenter