"Pentagon Papers" : la vraie raison pour laquelle Tom Hanks et Meryl Streep n’avaient jamais tourné ensemble avant

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ZOOM – Dans "Pentagon Papers", Steven Spielberg dirige Tom Hanks et Meryl Streep, deux immenses comédiens qui n’avaient jamais été réunis à l’écran. Un pur hasard ? Pas pour la comédienne…

Avec trois Oscars chacun, ils figurent parmi les comédiens les plus admirés de leur génération. Il a néanmoins fallu attendre l’excellent "Pentagon Papers" de Steven Spielberg, qui sort en France ce mercredi 24 janvier, pour que Meryl Streep, 68 ans, et Tom Hanks, 62 ans, tournent enfin un film ensemble. A Hollywood, les producteurs adorent pourtant réunir la crème des acteurs du moment sur une même affiche, de surcroît sous la direction d’un grand réalisateur. Or personne n'avait, jusque-là, pensé à associer ces deux-là. Incroyable, non ? Pas tout à fait...


En inspectant leur filmographie respective, on peut trouver une explication dans leur stratégie de carrière. Venue du théâtre, Meryl Streep s’est illustrée à ses débuts sur grand écran dans des rôles dramatiques. On pense à "Voyage au bout de l’enfer" de Michael Cimino ou "Kramer contre Kramer" de Jerry Schatzberg, qui lui a valu son premier Oscar, en 1980, avant le deuxième, trois ans plus tard pour "Le Choix de Sophie". "Manhattan" de Woody Allen mis à part, elle a longtemps eu l’image d’une actrice plutôt "sérieuse", ne révélant ses talents comiques qu’au tournant des années 1990 dans "Bon Baisers de Hollywood" ou "La Mort vous va si bien".

Tom Hanks, lui, a effectué le chemin inverse. Il se fait d’abord remarquer à la télévision dans des séries légères comme "La Croisière s’amuse", "Taxi" ou "Happy Days", avant de devenir une star de la comédie grand public au cinéma avec des films comme "Splash", "Big" ou "Turner & Hooch". Sa participation en 1990 à l’adaptation par Brian De Palma du roman de Tom Wolfe, "Le Bûcher des Vanités", marque un tournant dans sa carrière. Et grâce à "Philadelphia", puis "Forrest Gump", qui lui permettent de remporter l’Oscar deux années de suite, il prouve, comme sa glorieuse aînée, qu’il est capable de tout jouer. Mais ensemble, il faudra encore patienter.


Avant "Pentagon Papers", les noms de Meryl Streep et Tom Hanks vont apparaître une première fois au générique du même film. C'est celui de "Mamma Mia !", en 2008, dont la première était la vedette et le second producteur exécutif. Et dix ans plus tard, on les retrouve donc enfin face à face dans l’histoire vraie de l’enquête journalistique qui a donné ses lettres de noblesse au Washington Post. Elle joue Katharine Graham, la directrice du quotidien, il incarne Benjamin Bradlee, son rédacteur en chef. 

Je crois qu’on te fait tourner la plupart du temps avec des actrices 20 ans plus jeune que toiMeryl Streep à Tom Hanks

Lors d’une interview en duo accordée Yahoo, fin décembre, Meryl Streep donnait à Tom Hanks son analyse de cette association tardive. Et elle n’a rien à voir avec le hasard : "Je crois qu’on te fait tourner la plupart du temps avec des actrices 20 ans plus jeune que toi, et moi on me fait tourner la plupart du temps avec des acteurs 20 ans plus âgés que moi. Comme si l'âge des acteurs se calculait comme celui des chiens !". 


A l’heure des révélations de l’affaire Weinstein, et du combat pour l’égalité de salaires entre hommes et femmes à Hollywood, Meryl Streep met le doigt sur une autre facette du sexisme qui règne au royaume du divertissement. En 2013, le site Vulture publiait une étude révélatrice sur la différence d’âge, souvent flagrante, entre les stars masculines et leurs conquêtes féminines à l’écran. Harrison Ford, Tom Cruise, Brad Pitt, Richard Gere… Bien souvent ces Messieurs roucoulent avec des jeunes femmes qui ont l’âge d’être leur fille. Ce qui est moins le cas de Tom Hanks, qui a rarement plus de dix ans d’écart avec ses partenaires.

Le raisonnement de Meryl Streep s’appuie sans doute davantage sur sa propre expérience. Et sa différence d’âge avec quelques-uns de ses plus célèbres partenaires au cinéma. Dans "Kramer contre Kramer" elle donne la réplique à Dustin Hoffman, 12 ans de plus qu’elle. Dans "Out of Africa" à Robert Redford, 13 ans de plus qu'elle. Dans "Sur la route de Madison" à Clint Eastwood 19 ans de plus qu'elle. La situation inverse est quand même plus rare à trouver...


Même s'il n'y a pas d'histoire d'amour entre les héros de "Pentagon Papers", Steven Spielberg ne reproduit pas ces vieux clichés. A l’ère des blockbusters juvéniles qui se succèdent chaque semaine, il "ose" même diriger deux comédiens qui ont dépassé la soixantaine. Et ça marche puisque le film a déjà rapporté plus de 55 millions de dollars de recettes, avant sa sortie française ce mercredi…

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