Pete Docter : "Vice-Versa est le projet le plus ambitieux de Pixar à ce jour"

Pete Docter : "Vice-Versa est le projet le plus ambitieux de Pixar à ce jour"
CINÉMA

RENCONTRE - Le réalisateur de "Là-Haut" et "Monstres et Cie" a reçu metronews dans les studios Disney-Pixar, en Californie, à l'occasion de la sortie de "Vice Versa". Un bijou de créativité et d'intelligence qui donne corps et vie aux émotions d'une fillette en crise. Magique.

Comment avez-vous eu l’idée d’entrer dans l’esprit d’une fillette ?
En observant ma fille. Petite, elle était ouverte, énergique, toujours de bonne humeur. Elle avait d’ailleurs doublé et inspiré le personnage d’Ellie enfant au début de Là-haut. Et puis, un jour, tout a changé : elle s’est renfermée, ses émotions se bousculaient et je me suis demandé ce qui pouvait bien lui passait par la tête. C’est de là qu’est partie l’histoire à laquelle nous avons ensuite ajouté nos souvenirs d’adolescence.

C’est un véritable challenge pour Pixar : l’univers est différent de ceux déjà abordés.
C’est l’intention première du studio: trouver des terrains que nous n’avons pas ou peu explorés. Et Vice Versa est sans doute notre projet le plus ambitieux à ce jour. Le plus compliqué était de trouver le juste équilibre entre toutes les émotions pour refléter ce qu’est la vie. Souvent les moments de joie sont teintés de tristesse et inversement.

Il y a de nombreux niveaux de lecture dans le film.
Les adultes se raccrocheront à leurs souvenirs d’adolescence ou à ce qu’ils traversent avec leurs enfants. Les ados s’identifieront à Riley et, les plus jeunes qui n’en sont pas encore à ce stade du passage à l’âge adulte, apprécieront la comédie et la quête de Joy qui cherche à rejoindre le quartier général et ses amis. Enfin, on l'espère.

Sur quoi vous êtes-vous basé pour construire l’esprit de cette fillette ?
Nous avons rencontré des thérapeutes et des psys pour comprendre la manière dont les émotions se connectent, se manifestent et évoluent. Il fallait saisir tous les rouages afin de ne pas tomber dans la caricature. Par exemple, la colère n’est pas qu’une mauvaise chose : elle répond aussi à un besoin de survie, d’autodéfense. Pareil pour la peur qui nous met en garde contre de nombreux dangers réels.

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Visuellement, quelles étaient vos références ?
Nous avons regardé beaucoup d’images de cerveaux avant de réaliser qu’il fallait davantage représenter l’esprit. L’idée n’était pas de dessiner des vaisseaux sanguins mais des concepts : les pensées, les souvenirs, les émotions, l’imagination... Nous avons donc cherché à donner un caractère organique à l’ensemble, mais sans être trop brut. Certaines formes évoquent les cellules ou l’aspect labyrinthique du cerveau, mais avec une énorme part de réinterprétation.

Et pour les personnages ?
Je voulais que les émotions ressemblent aux sensations qu’elles véhiculent. La première référence pour Joie était une étoile car elle est lumineuse et a toujours les bras écartés. Pour Tristesse, nous sommes partis d’une larme, pour Colère d’une brique, pour Dégoût d’un brocoli et pour Peur, d’un nerf. Nous avons ensuite remplacé la peau par un assemblage de particules qui véhiculent l’idée d’une forme de vie plus abstraite.

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