"Philomena" : à la recherche de l'enfant perdu

"Philomena" : à la recherche de l'enfant perdu

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SORTIE – C'est le héros de "Philomena", le nouveau Stephen Frears. Producteur, co-scénariste et acteur aux côtés de Judi Dench, le Britannique Steve Coogan raconte à metronews la genèse de ce long-métrage émouvant, inspiré d'une histoire vraie.

Raie de côté, sourire poli et costume élégant. Une heure après être sorti de l’Eurostar, l’acteur britannique Steve Coogan parle avec passion de Philomena, son "bébé artistique" qu’il a produit, coécrit et dont il tient le rôle principal aux côtés de Judi Dench. Ce drame mâtiné d’humour, carton Outre Manche avec 32 millions de dollars de recettes, s’inspire de l’histoire vraie de Philomena Lee. En 1952, alors adolescente, cette dernière accouche dans un couvent de Roscrea, en Irlande. A trois ans, son bébé est adopté par des Américains. Un demi-siècle plus tard, elle confie son récit au journaliste de la BBC Martin Sixsmith, qui décide de lui venir en aide. Entre deux gorgées de thé, Steve Coogan nous éclaire sur cette poignante recherche du fils perdu.

Un personnage universel
"J’ai lu cette histoire à New York en 2009 sur le site du quotidien The Guardian. Elle m’a affecté pour sa dimension ordinaire et extraordinaire. Son versant tragique m’a mis en colère. Philomena pourrait être n’importe quelle femme. En ce sens, les spectateurs peuvent y trouver un écho universel. L’article était illustré par un cliché d’elle et Martin. Il y avait de la joie dans la photo alors que son récit est si cruel. C’est là que j’ai su qu’il fallait raconter cette histoire sans pathos".

Judi Dench, une actrice en or
"C’est une actrice exceptionnelle qui vous fait littéralement progresser. Le résultat a d’ailleurs plu à la vraie Philomena. D’une certaine façon, le fardeau qu’elle portait depuis cinquante ans s’en est allé. Cette aventure cinématographique a eu l’effet d’une catharsis. Je suis par ailleurs fier d’avoir tourné devant la caméra de Stephen Frears. Il est d’origine juive et ne comprenait pas trop cette histoire qui le fascinait. Au final, son regard a rendu le film plus délicat, plus tranquille et plus drôle".

La foi malmenée
"J’ai été éduqué en tant que catholique mais je suis athée. Ce qui est arrivé à Philomena est dégoûtant. En coécrivant le scénario, je ne voulais pas non plus déshonorer les gens qui font de belles choses au nom de la religion. Ceci dit, d’autres utilisent leurs croyances à mauvais escient et c’est de ça dont il s’agit ici. Le public doit connaître cette histoire qui nous apprend beaucoup de choses sur la notion d’humilité. (Il réfléchit) Je crois que ce que je ne tolère pas, ce sont les intolérants".


 

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