"Pixels" : comment un court-métrage français est devenu un blockbuster à Hollywood

"Pixels" : comment un court-métrage français est devenu un blockbuster à Hollywood

SUCCESS STORY – Adam Sandler joue les geeks sauveurs du monde dans "Pixels", comédie d’action fantastique adapté d’un court-métrage français.

2010. Pac-Man, Tetris et Donkey Kong détruisent Manhattan dans Pixels, court-métrage français rendant hommage aux stars des jeux vidéo en 8-bits. Mis en ligne sur Youtube, la pépite de Patrick Jean récolte près d’un million de vues en une journée. "On n’était pas préparé au buzz." explique Benjamin Darras, co-producteur du film avec Johnny Alves. "Le premier soir, on a fait une conférence téléphonique avec les agents de Will Smith, on a reçu des mails de félicitations de Steven Spielberg, de Steven Soderbergh et de boîtes de production américaines qui voulaient nous rencontrer."

Ayant déjà travaillé sur les effets spéciaux de films américains ( Batman, Panic room, Alexandre...), les producteurs s’enferment pour écrire une ébauche de long-métrage qu’ils pitcheront 45 fois en une semaine à Hollywood. Résultat : quatre offres d’achat, dont celle de Happy Madison, la société d’Adam Sandler. " Ils ne développaient que 5 films : il y avait donc plus de chances que cela aboutisse. Ils ont aussi une vraie passion de la pop culture des années 80. Et il y avait la garantie qu’Adam, qui était alors une cash machine, fasse partie du casting."

"Un film fun, à la SOS Fantômes"

Quatre ans plus tard, dans Pixels, l’acteur joue ainsi un loser, ex-champion des manettes, qui deviendra l’espoir de son pays lorsque des aliens ayant pris la forme des héros de jeux d’arcades envahiront la planète. " Le film est très fidèle à notre pitch de départ. On y retrouve l’humour et le spectaculaire des films d’action des années 80 comme SOS Fantômes. C’est ce qu’on voulait : du fun, sans se prendre au sérieux."

Et quid des retombées économiques ? "Nous n’avions pas touché un centime sur le court. Nous n’avions pas demandé les droits sur les jeux mais les compagnies avaient accepté a posteriori, après le buzz, à condition que ce soit un film non lucratif. Nous toucherons en revanche un pourcentage sur les entrées du long. On vous encourage donc vivement à y aller !" plaisante Benjamin Darras qui, aujourd’hui, a monté sa structure avec son associé pour se lancer dans le long-métrage. 

"Aucune boîte française ne s’était manifestée au moment du court. Pire : ça nous avait desservi. Ils pensaient que nos tarifs en publicité avaient augmenté. Grâce à l'adaptation, on espère que la France sera plus réceptive. Même si nous comptons aussi faire fructifier nos contacts à Hollywood." 

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