Polanski président des César 2017 : un choix "surprenant et choquant" pour la ministre Laurence Rossignol

CINÉMA
POLEMIQUE – Interrogée ce vendredi matin sur France Inter, la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits de femmes, Laurence Rossignol a condamné le choix de confier la présidence des César 2017 au cinéaste Roman Polanski. Explications.

"Surprenant et choquant". Laurence Rossignol, la ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes, a laissé exploser sa colère, ce vendredi, au sujet du choix de l’Académie des César de confier la présidence de sa prochaine cérémonie, le 24 février prochain, au cinéaste franco-polonais Roman Polanski, poursuivi depuis 1977 par la justice américaine pour une affaire de viol présumé sur une mineure, Samantha Geimer.


"Je trouve que c’est un choix qui témoigne de la part de ceux qui ont décidé de le nommer président des César d’une indifférence à l’égard des faits qui lui sont reprochés", a-t-elle estimé au micro de France Inter. "En fait ce n’est pas grave que Roman Polanski, poursuivi aux Etats-Unis, ait à son actif le viol d’une enfant de 13 ans. C’est ce que les féministes désignent comme ‘la culture du viol’. C’est-à-dire que les agressions sexuelles, le viol, tout cela, ce n’est pas grave."

Si elle n’a pas protesté, moi je vous dis que ce n’est pas un bon signalLaurence Rossignol au sujet du silence de la ministre de la Culture Audrey Azoulay

Laurence Rossignol ne compte toutefois pas demander le retrait de Roman Polanski, l’Académie des Césars n’étant pas dépendante des pouvoirs publics. Quid du silence de sa consoeur, ministre de la Culture Audrey Azoulay, qui devrait participer à la cérémonie ? "Si elle n’a pas protesté, moi je vous dis que ce n’est pas un bon signal (…) Je trouve surprenant et choquant que la vie d’un homme ne pèse pas dans le choix de le mettre en avant sur scène pendant toute une soirée."


Mise en ligne le 18 janvier, une pétition réclamant la destitution de Roman Polanski a déjà reçu plus de 42 000 signatures. Interrogée jeudi sur France Info, l’ancienne ministre de la Culture socialiste Aurélie Filippetti a pris la défense du cinéaste. "Je pense que c'est la liberté absolue de l'académie des César", a-t-elle expliqué. "C'est un très grand réalisateur et je pense que concernant cette affaire, c'est quelque chose qui s'est passé il y a quarante ans et on ne peut pas à chaque fois relancer cette affaire."

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Césars, Filipetti défend Polanski : "On ne peut pas à chaque fois relancer cette affaire"

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