Pour Oliver Stone, Clinton et Trump veulent "toujours plus de surveillance" des citoyens

Pour Oliver Stone, Clinton et Trump veulent "toujours plus de surveillance" des citoyens

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PAS CONTENT – Invité de Cannes Lions pour évoquer son prochain film, consacré à Edward Snowden, le réalisateur américain Oliver Stone s’en est pris aux deux successeurs potentiels de Barack Obama. Pour lui, Hillary Clinton et Donald Trump « collaborent » avec les géants de l’Internet pour espionner les citoyens.

De Platoon à World Trade Center en passant par Wall Street et JFK, Oliver Stone n’a de cesse d’explorer les moments forts – et controversés – de l’histoire américaine récente. Son prochain film, Snowden, dresse comme son nom l'indique le portrait de ce jeune informaticien, inculpé par le gouvernement américain pour avoir divulgué par l’intermédiaire des médias des informations confidentielles sur le système d’écoutes téléphoniques mis en place par la NSA (National Security Agency).

Ce mercredi, le cinéaste était l’invité de Cannes Lions, l’ex-festival de la publicité sur la Croisette. L’occasion de parler de ce thriller high tech, qu’on découvrira en France le 2 novembre prochain. Et de se lancer, surtout, dans une violente dénonciation des géants de l’Internet, Facebook, Google et Microsoft, les accusant de "collaborer" avec le gouvernement américain dans l’affaire Snowden. "C’est une forme de fascisme, la souveraineté de l’Etat versus la souveraineté des individus", a-t-il déploré. "C’est l’inverse des valeurs sur lesquelles l’Amérique a été fondée."

"Les deux candidats représentent le système"

Pour Oliver Stone, cet "Etat de surveillance" est soutenu par les deux candidats à l’élection présidentielle, la Démocrate Hillary Clinton et le Républicain Donald Trump. "Le sujet de l’espionnage de la population n’a même pas été abordé lors des débats parce que l’un comme l’autre en veulent toujours plus. De la même manière qu’ils n’ont pas évoqué le changement climatique, le destin de la planète, ni les guerres dans lesquelles les Etats-Unis sont impliquées, encore moins l’augmentation de nos moyens militaires."

Si spontanément, on imagine Oliver Stone plus virulent vis-à-vis de Donald Trump, on se trompe. "Les deux candidats représentent le système et il n’y a aujourd’hui aucune voix alternative sur la scène politique américaine. C’est une forme d’aseptisation du débat", lâche celui qui n’accorde guère de crédit, non plus, au président sortant, Barack Obama : "Je ne crois pas qu’il soit un homme de conviction."

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