Pour le distributeur français de Woody Allen, "il n’y a aucune preuve crédible" de sa culpabilité

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PRISE DE POSITION - Dans une tribune publiée dans "Le Point", le distributeur français de Woody Allen, Stéphane Célérier, prend la défense du cinéaste, alors que "Wonder Wheel" sort ce mercredi sur les écrans. Il dénonce, au passage, l'attitude des acteurs qui s'en prennent à lui, "dans le seul but de ne pas entraver leur carrière ou leur course aux Oscars".

Il est "sidéré par le déferlement de haine que provoque l'affaire Woody Allen". A l’occasion de la sortie de Wonder Wheel, que sa société Mars Films distribue en France, Stéphane Célérier prend la plume dans les colonnes du Point, ce jeudi en kiosques. Une tribune intitulée "Crimes et Dénis" dans laquelle il rappelle que le cinéaste new-yorkais a été "innocenté en 1993" de l’accusation d’agression sexuelle dont il a fait l’objet à l’encontre de sa fille adoptive Dylan, lors de la procédure judiciaire l’opposant à Mia Farrow pour la garde de leurs trois enfants. Et qui est revenue sur le devant de la scène à l’occasion d’une interview accordée par la jeune femme à la chaîne CBS, début janvier.


"Toutes les conclusions des experts sont claires et accessibles", explique Stéphane Célérier, évoquant notamment les rapports médicaux, psychologiques et policiers établis à l’époque. "Celui qui prend la peine de les étudier doute du bien-fondé de cet acharnement méticuleusement planifié – ou plutôt ne doute plus : cette affaire n’en est pas une puisqu’elle repose, si l’on en croit la justice, sur des allégations mensongères uniquement destinées à salir un homme."

Woody Allen ne doit pas être rangé dans la même catégorie que les prédateurs sexuels récemment dénoncés par le tout-Hollywood Stéphane Célérier

Pour le patron de Mars Films, "il est fascinant, et atterrant, d'entendre des actrices et des acteurs transformer Woody Allen en M le Maudit. Soit ils sont manipulés et n'ont pas conscience de la portée de leurs propos, soit ils sont absolument cyniques et cherchent à exploiter la frénésie médiatique actuelle pour se donner bonne figure, ce qui serait plus terrible encore." Stéphane Célérier fait référence aux déclarations de plusieurs comédiens qui ont travaillé dans un passé récent avec le cinéaste, à l’image de Greta Gerwig et Timothée Chalamet.


"Nul ne peut présager de leur carrière future, mais ils resteront celles et ceux qui auront jeté Woody Allen aux chiens, alors qu'ils chantaient ses louanges et étaient prêts à se battre pour travailler avec lui il y a quelques années à peine", dénonce-t-il. "Par calcul, ils ont suivi les conseils de managers et d'avocats dans le seul but de ne pas entraver leur carrière ou leur course aux Oscars", ajoute celui qui travaille avec le cinéaste depuis dix ans, saluant, au passage "le courage d'Alec Baldwin", l'un des rares à avoir pris la défense du cinéaste.

"Je suis intimement convaincu de l’innocence de Woody Allen", poursuit Stéphane Célérier. "C’est mon droit. Même si je suis certain que ma prise de position ne manquera pas de susciter des réactions catégoriques, violentes et sans nuance qui m’accuseront de sacrifier la cause des femmes sur l'autel d’intérêts économiques (…) Woody Allen ne doit pas être rangé dans la même catégorie que les prédateurs sexuels récemment dénoncés par le tout-Hollywood et ne doit pas finir sa vie comme un paria dont l’oeuvre déjà suspectée sera brûlée."

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