Pourquoi "L’Empire contre-attaque" est le meilleur épisode de la saga "Star Wars"

Pourquoi "L’Empire contre-attaque" est le meilleur épisode de la saga "Star Wars"

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DECRYPTAGE – TF1 diffuse ce mardi soir "L’Empire contre-attaque", deuxième volet de la première trilogie "Star Wars", sorti en 1980. Un épisode dont la noirceur en fait le préféré des fans de la saga créée par George Lucas.

"Un pop movie wagnérien, grandiose, palpitant, impérieusement généreux dans sa démesure… et aussi un peu lourdingue". Voilà comment le critique américain Dave Denby, décrivait "L’Empire Contre-Attaque" à sa sortie, en mai 1980, dans les colonnes du "New York Magazine". Si le film est aujourd’hui considéré comme le meilleur de la première trilogie, la presse réservera à l’époque un accueil mitigé au successeur de "La Guerre des Etoiles". Ce qui ne l’empêchera pas de devenir le plus gros succès de l’année aux Etats-Unis. Et de cumuler plus de 530 millions de dollars de recettes dans le monde pour un budget estimé entre 20 et 30 millions de dollars. Une somme relativement modeste comparée au coût des blockbusters actuels, les épisodes 7 et 8 de "Star Wars" compris, qui dépassent régulièrement les 200 millions de budget.

L'identité de Dark Vador gardée ultra-secrète

Mais revenons au film.  Epuisé par le tournage de "La Guerre des Etoiles", George Lucas a confié celui de "L’Empire Contre-Attaque" à Irvin Kershner, un cinéaste indépendant dont il a adoré le travail sur le thriller fantastique "Les Yeux de Laura Mars", avec Faye Dunaway. Après avoir initialement refusé le job, ce dernier se laisse convaincre, le créateur de la saga souhaitant qu’il donne davantage d’épaisseur à ses personnages. Ce qui sera le cas : si le premier film avait un côté léger, voire naïf, son successeur est bien plus sombre et violent. Un changement qui repose avant tout sur l’évolution du personnage de Luke Skywalker, incarné par Mark Hamill.

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Star Wars : rencontre avec Mark Hamill, alias Luke Skywalker

Avant le tournage, le comédien sera victime d’un grave accident de voiture qui va paralyser une partie de son visage, et lui laisser des cicatrices encore visibles à l’écran. Ce qui n’empêchera pas l’équipe de le mettre à rude épreuve. Ainsi l’impressionnante scène d’ouverture, dans laquelle Luke patrouille sur la planète Hoth, où l’Alliance rebelle a trouvé refuge, a-t-elle été tournée en Norvège, sur le glacier de Hardangerjokulen, par des températures atteignant jusqu' à – 29°. Les techniciens profiteront d'ailleurs de la neige abondante tombée sur leur hôtel afin de tourner la scène où le jeune Jedi sort de la cave du Wampa, la créature qui l’a attaquée un peu plus tôt.


Mais si Luke en voit de toutes les couleurs, notamment lors de son entrainement intensif avec Yoda sur la planète Dagobah, rien ne prépare le spectateur à son face à face tragique avec Dark Vador, alias Anakin Skywalker, alias… son père. Pendant le tournage, la véritable identité méchant de la saga va faire l’objet du plus grand secret. Ni David Prowse, qui l’incarne à l’écran, ni même Mark Hamill ne sont tenus au courant avant le jour J. Les autres comédiens comme Harrison Ford et Carrie Fisher ne la découvriront que lors de l’avant-première du film, plusieurs mois plus tard.

Et non, Dark Vador n'a jamais dit "Luke, je suis ton père" !

Et puis il y a ce dialogue culte, plus shakespearien que du Shakespeare. Après avoir tranché la main droite de Luke, au cours d’un combat au sabre laser dantesque, Vador lui révèle le secret de ses origines. "Obi-Wan ne t’a jamais dit ce qui était arrivé à ton père", lance le bad guy au casque noir, alors qu'il tente de convaincre son adversaire de céder au côté obscur de la Force. "Il m’en a dit assez, il m’a dit que vous l’aviez tué", rétorque le jeune homme. "Non, JE suis ton père", avoue alors son pire cauchemar. Et non pas "Luke, je suis ton père", comme on peut l’entendre ici et là...

Si le héros de la saga parvient à s’échapper, il est meurtri dans son âme et dans sa chair, une issue qui va à l’encontre du happy end hollywoodien typique. D’autant plus que Han Solo a été congelé un peu plus tôt dans la carbonite et livré à l'odieux Jabba le Hutt, après avoir été trahi par son vieil ami Lando Calrissian… A l’époque, ce double cliffhanger est gonflé. Mais George Lucas ne doute pas un seul instant que le public sera au rendez-vous. Et qu'il réclamera la suite de l’histoire, qu’il découvrira dans "Le Retour du Jedi", réalisé par Richard Marquand, trois ans plus tard.


En 1997, une édition spéciale de "L’Empire contre-attaque" sortira au cinéma, George Lucas retouchant plusieurs scènes pour améliorer les effets spéciaux et intégrer des plans restés sur la table de montage, notamment dans la cité des nuages où Han, Leia et les droïdes retrouvent Lando. Depuis 2010, une copie du film d’origine est conservée à la Bibliothèque du Congrès américain, aux côtés des plus grands chefs-d’œuvre du cinéma américain comme "Il était une fois dans l’Ouest" de Sergio Leone, "La Vie est belle" de Frank Capra ou encore "Le Parrain" de Francis Ford Coppola…

>> "L'Empire contre-attaque" de Irvin Kershner. Avec Mark Hamill, Harrison Ford, Carrie Fisher. Ce soir à 21h sur TF1

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