Quand Cousteau faisait "chier les poissons et dynamitait le corail"

Quand Cousteau faisait "chier les poissons et dynamitait le corail"

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COUP DE GUEULE – Dans une chronique diffusée dans ''Là-bas si j'y suis'', le romancier et cinéaste Gérard Mordillat a sévèrement égratigné ''Le Monde du silence'', le documentaire du commandant Cousteau et de Louis Malle sorti en 1956.

Cousteau, les poissons ne lui disent pas merci. Dans une chronique diffusée dans ''Là-bas si j'y suis'', l'ex-émission de France Inter qui continue sur Internet, Gérard Mordillat a sévèrement égratigné Le Monde du silence. Ce documentaire coréalisé par le commandant Cousteau et Louis Malle avait été encensé lors de sa sortie en 1956. Il avait obtenu la Palme d'or à Cannes et l'Oscar du meilleur documentaire. Pendant près d'une heure et demie, on y suit les aventures de l'océanographe et de ses compagnons à bord de La Calypso.

''En voyant ce film, on comprend à quel point nous avons été aveugle (…) Le Monde du silence est un film naïvement dégueulasse. C'est une horreur, c'est répugnant. On y voit le commandant Cousteau qui joue au pacha à bord de La Calypso. Dans Le Monde du silence, il s'agit très clairement de faire chier les poissons et toute la faune sous-marine'', commence Gérard Mordillat.

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Le romancier décrit ensuite plusieurs extraits. Il cite notamment le cas d'un plongeur en train de se faire tracter par une tortue ''jusqu'à lui faire perdre le souffle au risque de la noyer.'' Dans le documentaire, le narrateur parle effectivement de l'animal comme d'une ''nouvelle monture'' qui ''a malheureusement besoin de respirer''. Sur d'autres images, les scientifiques exécutent des numéros d'équilibristes sur des tortues terrestres.

''Mais ce n'est pas le pire. Sous prétexte de faire l'inventaire de la faune sous-marine d'un récif de corail, ils balancent des pains de dynamite, ils font tout sauter et là on filme une hécatombe de poissons'', poursuit Gérard Mordillat qui évoque ensuite le moment où La Calypso heurte un bébé cachalot mortellement blessé par les pales de l'hélice. Attirés par le sang, des requins arrivent que toute la bande harponne alors joyeusement.

A l'époque ces premières images en couleur du monde sous-marin fascinaient le public. Cinquante ans plus tard, les océans se sont transformés en poubelle et le commandant Cousteau ne trouverait plus beaucoup de corail à dynamiter.

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