Quand Geraldine Chaplin répond aux sirènes du tourisme sexuel...

Quand Geraldine Chaplin répond aux sirènes du tourisme sexuel...

DECOUVERTE – A 71 ans, Geraldine Chaplin trouve un rôle phare dans "Les dollars des sables", en salles ce mercredi. Celui d’une française installée en République Dominicaine qui entretient une relation amoureuse avec une très jeune femme.

Pour Anne, la République Dominicaine et sa douceur de vivre constituent une parfaite thébaïde. Un lieu calme, aux paysages édéniques, où la solitude n’y a - en trompeuse apparence - jamais obtenu de visa. Comme des dizaines de femmes d’âge mûr, elle trouve au contact de la mer des Caraïbes un baume doux, capable de panser les fêlures de son corps et de son âme flétrissants. C’est précisément dans les bras de Noeli, une jeune métisse à la silhouette vertigineuse, que la française jouit d’une seconde jeunesse, ballottée entre le clapotis des vagues et le murmure des palmiers. 

Pourtant, derrière cet écrin de carte postale siège une réalité économico-sociétale douloureuse que les cinéastes Israel Cárdenas et Laura Amelia Guzmán tentent d'illustrer de manière quasi-documentaire dans Les dollars des sables. Adapté du roman homonyme de Jean-Noël Pancrazi, ledit drame s’articule sur cette série d’oppositions qui caractérise le tourisme sexuel, où qu’il se pratique. Purgé de toute leçon bêtifiante, le scénario évoque en effet avec tact les illusions déchues et les vents contraires : la richesse face à la pauvreté, la vieillesse face à la jeunesse, deux cultures qui se frôlent, s’empoignent, sans toujours respirer de concert.

Magnifique Geraldine

Sous les traits de l’héroïne, Géraldine Chaplin, fille aînée de Charlie Chaplin et de sa quatrième et dernière femme Oona O'Neill, livre une performance délicate. Le regard à la fois doux et ambigu, résigné et fort, elle insuffle une dimension hautement mélancolique à une histoire d’amour perdue d’avance. Plus léger que Paradis Amour d’Ulrich Seidl et moins romanesque que Vers le sud de Laurent Cantet, ce Gerontophilia au féminin distille derrière son apparente monotonie un parfum d’embrun (et d’émotion retenue) qui s’estompe difficilement. A découvrir.   

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