"Quand vient la nuit"... les démons se réveillent

CINÉMA
COUP DE COEUR – Après le choc "Bullhead", nommé à l’Oscar du meilleur film étranger en 2012, le réalisateur belge Michael Roskam a posé ses caméras de l’autre côté de l’Atlantique. Dans son deuxième film, "Quand vient la nuit", il balade Tom Hardy, Noomi Rapace et James Gandolfini dans les dédales du polar. Comme il nous l’explique.

Bob Saginowski (Tom Hardy) parle peu et observe avec dépit l’argent se faire blanchir dans le bar qui l’emploie. Un lieu situé dans les bas-fonds d’un Brooklyn mortifère où la mafia agit impunément. A la suite d’un braquage, ce dernier plonge dans une spirale de violence publique et intime. Adapté du roman de Dennis Lehane, également au scénario, Quand vient la nuit confirme les indéniables talents de metteur en scène de Michael Roskam après son chef-d’œuvre Bullhead. Confidences.

Vaincre la pression
"Le désir de cinéma est plus grand que l’angoisse. J’imagine qu’on peut être paralysé par un succès comme celui de Bullhead mais ça n’a pas du tout été mon cas. J’étais néanmoins conscient qu’il y avait de l’attente autour de mon travail. Le fait de ne pas avoir écrit le scénario de Quand vient la nuit m’a calmé parce qu’on partage un peu la responsabilité (rires). J’ai aimé l’univers dressé par l’écrivain Dennis Lehane et son portrait d’un personnage en hibernation existentielle. Comme Bullhead, c’est un film sur le statisme, sur ces gens qui ne veulent plus vivre mais qui existent. Et là, un élément déclencheur les réveille."
 
Travailler aux Etats-Unis
"Faire un film, c’est difficile n’importe où. Aux USA, il faut constamment discuter de ses intentions artistiques avec les financiers… On n’est pas seulement dans la création mais dans la production d’un artéfact. Contrairement à l’Europe, le statut d’auteur se mérite. Et ce n’est pas grave. Je crois que la liberté totale est destructive. Elle représente la mort. On est créatifs parce qu’on cherche des solutions. Il y a des solutions parce que surviennent des problèmes. Il y a des problèmes à cause de la présence d’obstacles. Et s’il y a des obstacles, c’est parce qu’il y a une limitation."

Un casting en or
"Pour le héros, Tom Hardy était mon premier choix. J’ai adoré Bronson, Inception… C’est un grand comédien, avec une voix et un visage changeant, à la Marlon Brando et Gary Cooper. Je voulais quelqu’un capable de cacher des secrets, des failles, capable d’être troublant et fascinant. J’étais fier aussi de diriger Noomi Rapace ou Matthias Schoenaerts (à l’affiche de Bullhead, ndlr). Quant à James Gandolfini, c’était un honneur de travailler avec lui. Ses proches et ses fans sont très satisfaits du résultat. Ça me touche. Et, quoi qu’on dise, Jim is alive !"

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