Qui est Théo Fernandez, le benjamin des Tuche devenu Gaston Lagaffe ?

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PORTRAIT - Il n'était pas encore né quand la France a décroché sa première étoile de champion du monde de football. Comme elle, il fêtera dans quelques mois ses 20 ans avec, sur son CV, deux des comédies les plus attendues de l'année. Théo Fernandez confesse pourtant "ne pas être très doué pour le comique, si ce n’est chez moi tout seul pour faire marrer la famille". Rencontre avec un acteur aux goûts très pointus.

Gaston Lagaffe ne l'aurait pas renié. Il a suffi d'une sieste dans les locaux du distributeur UGC pour que Théo Fernandez tape dans l'oeil de Pierre-François Martin-Laval. "Il s'est endormi pendant trois heures alors qu'il attendait pour un autre casting et j'ai été époustouflé par cette audace. J'ai demandé à le rencontrer et quand la porte s'est ouverte, j'ai su que c'était lui", nous explique le réalisateur qui porte sur grand écran l'adaptation de la bande-dessinée d'André Franquin , en salles le 4 avril. Ses premiers essais vidéo ne l'avaient pourtant pas convaincu. "Je ne suis pas très doué pour le comique, si ce n’est chez moi tout seul pour faire marrer la famille ", reconnait Théo Fernandez.

C'est pourtant dans une comédie ultra-populaire que le grand public l'a découvert. A 11 ans, Théo Fernandez décroche le rôle de Donald "Coin-Coin" Tuche, le benjamin de Jeff et Cathy Tuche dans le film du même nom d'Olivier Barroux. Suivront deux autres volets, dont le dernier sorti au début de l'année, qui séduisent au total quelque 11,4 millions de spectateurs. "Mais même dans "Les Tuche", je n'ai pas un rôle comique", tempère-t-il. "Gaston oui, il a un petit côté comique, burlesque. En revanche, ce n'est pas forcément lui qui fait rire, ce sont les réactions des autres. Gaston et Prunelle, c'est comme Batman et son Joker. L'un n'est rien sans l'autre. Si personne ne réagit de manière démesurée à ses gaffes, ce n'est pas si drôle que ça", explique-t-il.

Je savais avant ça que je voulais faire du cinéma mais quand je l’ai vu, ça a été la plus grande confirmation de toute ma vieThéo Fernandez sur le déclic qu'a été "Phantom of the Paradise" de Brian de Palma

"Devant une caméra, j'ai toujours évolué dans un contexte dramatique", poursuit celui qui rappelle avoir tourné "trois drames avant "Les Tuches". Son premier rôle au cinéma est celui du "méchant" dans le film d'horreur de Fouad Benhammou "Le Village des ombres" (2009). Il enchaîne avec "La Guerre des Boutons" et "Fracture", "un téléfilm dans lequel [il] joue un jeune torturé avec Samy Seghir". Rien de bien drôle en effet pour celui qui a eu "le déclic" en découvrant "Phantom of the Paradise" de Brian de Palma. "Ma mère ne voudrait pas que je vous dise ça parce que j’ai vu des choses que je n’aurais pas dû voir à cet âge (...). Je savais avant ça que je voulais faire du cinéma mais quand je l’ai vu, ça a été la plus grande confirmation de toute ma vie", se rappelle-t-il. 

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Gaston Lagaffe prend vie au cinéma

Je crois que ça a été un béguin partagéThéo Fernandez sur Alison Wheeler, sa partenaire dans "Gaston Lagaffe"

Le saut vers le cinéma s'est fait "naturellement", malgré son jeune âge. "Mes parents m'ont tout de suite laissé faire ce que je voulais. Ils ne m'ont jamais mis de barrière, ils m'ont juste rappelé qu'il y avait les cours", se souvient Théo Fernandez, soulignant qu'il "arrivait à gérer les deux en même temps". Sur son CV, des longs-métrages ("Trois souvenirs de ma jeunesse", "De toutes mes forces", "La Dream Team"), des séries ("Le Secret d'Elise", "Irresponsable") mais aussi du théâtre : "Quand le cinéma ne me convenait plus, quand il y avait des choses qui ne me plaisaient pas, j’allais vers le théâtre et je trouvais quelque chose de plus authentique avec le pied sur la scène, le contact avec le public (...). J'ai eu la chance qu'on me propose des choses au moment où je les voulais". 

On nous rabâche tellement que c’est une chance qu’on peut vite tomber dans le piège du 'c’est une chance, je le fais alors que je n’en ai pas forcément envie'Théo Fernandez

Aujourd'hui à 19 ans, il rêve de jouer "la folie" façon Paul Williams chez Brian de Palma et continue de s'inspirer du sens de la comédie d'Alexandre Astier dans "Kaamelot", "un maître de son genre".  Une seule chose vient dicter ses choix : le plaisir qu'il prend sur chaque projet. "Je crois que c’est Jacques Brel qui disait que "le talent c’est d’avoir envie". Je suis tout à fait d’accord avec ça. Quand on s’amuse, on est brillant et quand on ne s’amuse pas, ça se sent", affirme-t-il. "Il faut s’écouter surtout", martèle-t-il, "parce que c’est un métier dans lequel on nous rabâche tellement que c’est une chance qu’on peut vite tomber dans le piège du 'c’est une chance, je le fais alors que je n’en ai pas forcément envie'", ajoute-t-il. 

Un principe que Théo Fernandez a appliqué au moment des auditions de "Gaston Lagaffe". "Je crois que ça a été un béguin partagé" avec Alison Wheeler, dit-il. "J'étais déjà fan d'elle sur YouTube. Quand elle est arrivée, j'étais un peu tout rouge. Puis PEF à la fin me dit : 'tu l'aimes bien ? Tu veux que ce soit elle Mademoiselle Jeanne ?'". Un "oui" de sa part et le rôle revenait à l'humoriste de Studio Bagel. Il a également fonctionné à l'affect avec PEF et Jean-Paul Rouve, deux ex-membres de la troupe des Robins des bois. Alors, le prochain film, ce sera avec Marina Foïs ? "Je ne sais pas, je ne la connais pas mais c'est vrai que c'est une actrice que j'aime beaucoup", répond-t-il timidement. "J'aimerais bien la rencontrer mais on verra". Le message est passé.

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