"Retour vers le futur" : il était une fois Eric Stoltz, l'homme qui était Marty McFly avant Michael J. Fox

"Retour vers le futur" : il était une fois Eric Stoltz, l'homme qui était Marty McFly avant Michael J. Fox

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PAS DE BOL – Le 21 octobre 2015, c’est lui qui aurait du débarquer en DeLorean avec Doc. Hélas. Recruté pour palier l'indisponibilité de Michael J. Fox sur le tournage de "Retour vers le futur", en 1984, Eric Stoltz en sera évincé au bout de cinq semaines. Explications.

C'est l'histoire d'un rendez-vous manqué. Fin 1984, le jeune réalisateur Robert Zemeckis reçoit le feu vert des studios Universal pour lancer le tournage de Retour vers le futur, une sympathique comédie fantastique qu'il a écrit avec son compère scénariste, Bob Gale. Le hic, c'est que Michael J. Fox, l'acteur qu'ils ont choisi pour incarner Marty McFly, leur héros qui remonte le temps, est retenu sur le tournage de la série Sacrée Famille, diffusée sur NBC. La chaîne inflexible, le duo doit renoncer à sa star s'il veut être prêt pour la sortie, initialement prévue en mai 1985.


Deux acteurs sont alors envisagés : C. Thomas Howell, l'un des jeunes loups de Outsiders, le film de Francis Ford Coppola, et Eric Stolz, qui a fait forte impression dans Mask, le long-métrage de Peter Bogadanovich dans lequel il incarnait un jeune homme, atteint d'une maladie génétique rare qui déforme son visage. C'est vers ce dernier que l'équipe de Retour vers le futur va se rabattre pour donner la réplique à Christopher Lloyd, alias Doc Brown et les autres. Au bout de cinq semaines, l'équipe déchante. Et se retrouve confrontée à un cruel cas de conscience. Mais surtout une décision artistique majeure.

"Eric est un acteur magnifique", explique le cinéaste dans les bonus du DVD du film. "Mais sa sensibilité comique était très différente de ce que j'avais écrit avec Bob Gale." Ce dernier confirme : "Eric était totalement professionnel. Mais il y avait quelque chose qui manquait." Robert Zemeckis va alors se confier à son grand copain Steven Spielberg, qui officie en qualité de producteur. "Il m'a montré les cinq premières semaines bout à bout et il m'a dit 'j'ai l'impression que ça ne va pas faire rire comme je l'imaginais'", raconte ce dernier. "Il avait absolument raison." 

C'est Robert Zemeckis lui-même qui va annoncer la mauvaise nouvelle en tête-à-tête à Eric Stoltz, puis au reste de l'équipe. Pendant ce temps, les producteurs obtiennent de NBC l'autorisation qu'il enchaîne le tournage de Sacrée Famille, en journée, avec celui de Retour vers le futur, en soirée. Le comédien va retourner l'intégralité des scènes de son prédécesseur. Mais sans eux... "C'était étrange, comme un puzzle", racontait-il cet été lors du Comic-Con, à Londres. "Dans certaines séquences vous voyez un acteur réagir à la performance d'Eric et moi je devais essayer de faire mon truc, obtenir la même réponse que lui mais à ma manière."

Il figure tout de même sur un plan, un seul

A l'arrivée il ne reste donc plus aucune trace de la performance d'Eric Stoltz. Ou presque. Attentifs, certains fans ont repéré un plan, un seul, où le Marty McFly original apparaît encore dans le film qui sortira finalement à l'été 1985. Transporté dans les années 1950, le héros fait la rencontre de Biff Tannen, le salaud qui martyrise son père dans le présent. Marty lui balance une bonne droite... et le poing qu'on voit atterrir dans sa figure n'est autre que celui de Stoltz !

Si Retour vers le futur deviendra un immense succès, quid de sa vedette maudite ? "J'avais une vingtaine d'années, et rétrospectivement, je pense que traverser cette épreuve difficile m'a libéré", a confié l'intéressé au site Moviehole, admettant entre les lignes que l'expérience a laissé des traces. "Je suis retourné à l'école d'acteurs, j'ai voyagé en Europe, j'ai joué dans quelques pièces de théâtre à New York. Si j'étais devenu une énorme star, je pense que je serais rapidement entré en thérapie. D'un autre côté, j'aurais été incroyable riche et ça aurait été merveilleux !" (rires).

Reste que sa carrière est plus qu'honorable. Au cinéma on l'a vu dans Killing Zoe de Roger Avary et Pulp Fiction de son compère Quentin Tarantino ou encore L'Effet Papillon avec Ashton Kutcher. Mais c'est à la télévision qu'il travaille le plus régulièrement, en qualité de comédien - de 2009 à 2010, il tenait le rôle principal de Caprica, la série de SF inspirée de l'univers de Battlestar Galactica - mais aussi de réalisateur de séries comme Grey's Anatomy, Glee, et plus récemment Nashviille et Murder. Bref le Marty d'hier a su s'inventer un futur... 

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