Robert Redford : "Dans le cinéma américain, la jeunesse est la valeur suprême"

Robert Redford : "Dans le cinéma américain, la jeunesse est la valeur suprême"

MONSTRE SACRE – A travers une programmation spéciale débutant ce samedi 26 septembre, Sundance Channel rend hommage à l’acteur, également fondateur du Festival du cinéma indépendant américain de Sundance. L’occasion pour Metronews de rencontrer l’interprète mythique de "Butch Cassidy et Le kid", "Gatsby", "L’Arnaque" et "Nos plus belles années".

Pourquoi avoir créé Sundance à l’origine ?
En 1980, les studios hollywoodiens se sont recentrés sur les grosses productions et ont cessé de produire des films indépendants sous leur propre bannière. Pour préserver ce cinéma, nous avons décidé de créer un endroit où de jeunes artistes pourraient développer leurs talents, monter et montrer leurs projets, se faire un réseau, communiquer.

Au fil des ans, le festival a pris de plus en plus d’ampleur.
En 1985, nous avons débuté petit avec un seul cinéma, 150  films, peu de spectateurs... Et puis, nous avons atteint 20 cinémas et 70000 visiteurs. Le festival a commencé à attirer les marques, les stars, les paparazzis... Nous étions submergés par quelque chose qui allait à l’encontre de ce que nous défendions. Et puis, il y a eu la crise en 2008 qui a rééquilibré les choses. Mais je suis désormais vigilant : quand quelque chose devient trop gros, il vous échappe. Nous devons rester fidèle à nos missions et nos principes.

Aux derniers Oscars, il a beaucoup été question du manque de diversité dans les films. Ce combat est-il aussi le vôtre ?
Complètement. Sundance a été créé pour soutenir et célébrer la diversité. Dans les années 90, nous avons volontairement mis en avant des réalisateurs afro-américains qui étaient sous-représentés dans le cinéma commercial. Ensuite, la question des femmes s’est imposée : elles n’ont pas toujours la place qu’elles méritent dans notre industrie.

Beaucoup d’actrices se plaignent du manque de rôles après 40 ans. En va-t-il de même pour les hommes ?

Dans le cinéma américain, la jeunesse est la valeur suprême. Résultat : les acteurs, et surtout les actrices, ont peur d’assumer leur âge et font tout pour avoir l’air plus jeune. C’est très regrettable, surtout lorsque l’on constate que la maturité, en Europe par exemple, n’est pas aussi problématique.  J’espère que cela changera aux Etats-Unis ... pour mon propre bien !

"Je rêvais de jouer un méchant depuis des années"


Vous avez récemment joué dans Captain America 2. Quel souvenir en gardez-vous ?
J’ai adoré. Je rêvais de jouer un méchant depuis des années mais les rôles qu’on me proposait n’étaient pas assez écrits. Moi, je voulais un rôle à la Orson Welles dans Le troisième homme, un méchant qui soit fascinant, intéressant.

Les jeunes réalisateurs vous sollicitent-ils pour jouer dans leurs films ?
Jamais. Avec All is lost, JC Chandor a été le premier cinéaste que nous avons soutenu à Sundance à m’offrir un rôle. J’étais tellement heureux que je l’aurais fait gratuitement !

Vous êtes acteur, producteur, réalisateur, fondateur de Sundance... De quoi êtes-vous le plus fier ?
Sans doute de mon travail d’acteur, celui par lequel tout a commencé. D’ailleurs, depuis All is Lost, sur lequel je n’étais qu'interprète, j’ai retrouvé le plaisir du jeu. J’aimerais de temps en temps ne plus avoir à porter le fardeau du producteur et du réalisateur.

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