"Rogue One" : que vaut le premier film spin-off de la saga Star Wars ?

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NOTRE AVIS – "Rogue One" est le premier film dérivé de la saga Star Wars. Une superproduction à la fois sombre, complexe et spectaculaire… Et remplie de références surprenantes au film d’origine.

Star Wars est de retour… et il va falloir s’y habituer. Jusqu’en 2020, les fans de la saga auront droit à un film par an, une régularité inhabituelle de la part d’une franchise qui a produit trois long-métrages de 1977 à 1983, puis trois autres de 1999 à 2005. Sauf qu’en 2012, Lucasfilm, la société de production de George Lucas, a été rachetée par Disney pour la bagatelle de 4 milliards de dollars. Un investissement qu’il convient de rentabiliser… N'est-ce pas ?


Après Le Réveil de la Force, un épisode qui ouvrait une nouvelle trilogie consacrée aux descendants de Han Solo, Luke Skywalker et Princesse Leia, Rogue One propose un petit retour en arrière tout sauf anodin. Située entre l’épisode III, La Revanche des Sith, et l’épisode IV, Un Nouvel Espoir, l'intrigue de ce film dérivé (on dit spin-off en VO) a pour héroïne Jyn Erso (Felicity Jones), la fille de Galen Erso (Mad Mikkelsen), l’un des concepteurs de l’Etoile de la Mort, l’arme de destruction massive de l’Empire.

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Elevée par Saw Gerrera (Forest Whitaker), un rebelle extrémiste au patronyme évocateur, la jeune femme se voit confier par l’Alliance Rebelle la mission de récupérer les plans de l’Etoile de la Mort. Pour cela, elle devra faire équipe avec l’ombrageux Capitaine Cassian Andor (Diego Luna) et une équipe de mercenaires aussi redoutables qu’iconoclastes. Il serait criminel – pour les amateurs – d’en dévoiler davantage du scénario écrit par Chris Weitz et remanié en cours de route par Tony Gilroy. Sinon qu’en dépit d’une foule de nouveaux personnages, il est extrêmement cohérent, et fidèle à l’esprit de la saga, mélange habile d'aventure et de soap opera. Avec quelques inflexions majeures, toutefois.


La plus frappant, au premier abord, c’est que Rogue One a le goût et la couleur des films de notre enfance, en version plus sombre, voire brute. S’il ne lésine pas sur les effets spéciaux, le réalisateur Gareth Edwards a recours à de nombreux décors naturels somptueux, à l’image de la planète verdoyante où le grand méchant, le directeur Orson Krennic (Ben Mendhelson) retrouve la trace de Galen Erso et sa famille lors des premières minutes. L’atmosphère est lourde, crépusculaire. Les acteurs jouent juste, plus graves que leurs collègues du Réveil de la Force. Hormis un Forrest Withaker qui frise par instants la caricature, le second degré bon enfant a disparu au profit d’un humour noir plus froid, voire désespéré.

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Comme ses concepteurs l’avaient annoncé, Rogue One a de faux airs de film de guerre à l’ancienne, avec son commando d’antihéros lancé dans une mission périlleuse dont on se doute qu’elle ne se fera pas sans douleur. L’habileté du scénario consiste à avoir greffé le destin privé de la famille Erso au sein d’une intrigue dont on connaît déjà l’issue puisque la destruction de l’Etoile de la mort est l’enjeu de la trilogie originelle. Comme Luke Skywalker, comme Rey dans Le Réveil de la Force, Jyn a perdu les siens trop tôt. Comme eux, elle va se venger et se réaliser en luttant contre les forces du mal. Bref une petite histoire dans la grande histoire qui permet au spectateur de s'identifier et de surmonter le charabia politico-galactique, parfois indigeste.


La différence principale avec les autres films de la saga réside dans la (quasi) absence de LA Force. Celle des Jedi, dont Gareth Edwards et ses scénaristes ont choisi de se passer, se privant, avec eux, de la dimension magique, voire mystique de la saga. Elle est évoquée, convoquée même par l’un des mercenaires de manière astucieuse. A l’arrivée… ATTENTION SPOILER, pas un combat au sabre laser à l’horizon… même si l’un des personnages, très très connu, et très très méchant, en fait usage lors d’une scène clé.

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Foisonnant, complexe, spectaculaire, Rogue One ne se digère pas en une seule projection. Surtout si l'on n'a jamais vu un seul épisode avant. C'est même, à vrai dire, le genre d’opus qui a tout pour ravir les fans ultimes, qui savoureront les nombreuses références habiles – et surprenantes – au premier film de George Lucas. Une mine d’or dans laquelle Disney n’a pas fini de puiser puisqu’après l’épisode 8 qui vient de sortira, et avant l’épisode 9 en 2019, un deuxième spin-off, consacré à Han Solo, verra le jour en 2018. S’il est réalisé avec la même intelligence et le même respect du matériau d’origine, on achète tout de suite !

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