Roman Polanski pas pressé de retourner en Suisse

CINÉMA

ANNULATION – Le cinéaste franco-polonais vient d'annuler sa visite au festival de cinéma de Locarno, qui souhaitait lui rendre hommage. Dans un message rendu public, il indique ne pas vouloir susciter "tensions et controverses".

Roman Polanski n'ira pas au Festival de Locarno. Le cinéaste franco-polonais devait se rendre jeudi dans la ville suisse afin de donner une leçon de cinéma, recevoir un prix spécial et présenter son dernier film, La Vénus à la Fourrure . Ce mardi, il a finalement renoncé, pour des raisons qu'il révèle dans un message public. "Chers amis, je suis désolé de vous informer qu'après avoir constaté que ma venue provoque des tensions et des controverses parmi ceux qui s'opposent à ma visite - même si je respecte leurs opinions - c'est avec le cœur lourd que je dois annuler ma visite".

En Suisse, le nom de l'auteur de chefs d'œuvre comme Rosemary's Baby ou Le Pianiste est durablement entouré d'un parfum de scandale. On se rappelle qu'en 2009, il avait été arrêté à Zurich alors qu'il venait recevoir un prix, rattrapé par une vieille affaire de viol sur mineure, en 1977 aux Etats-Unis. Les autorités locales refusant de l'extrader vers les Etats-Unis, il avait passé plus de deux mois en prison avant d'être assigné à résidence dans son chalet de Gstaad.

Des attaques personnelles inacceptables

"Je suis triste parce que les participants du festival sont privés d'une rencontre avec un artiste extraordinaire", indique pour sa part le directeur artistique du Festival de Locarno, Carlo Chatrian. "J'ai le sentiment que cette fois, certaines positions ont dépassé des limites, et, à travers une violence verbale et la manipulation de la réalité, se sont transformées en attaques personnelles inacceptables", ajoute-t-il à propos des tensions qui semblent avoir entourées la venue du cinéaste qui aura 81 ans le 18 août.

Roman Polanski reprendre en 2015 le chemin des plateaux pour réaliser un film consacré à l'affaire Dreyfus. Un tournage qui aura lieu en Pologne, avec un casting anglo-saxon encore inconnu. "Il y a un aspect qui est extrêmement intéressant pour moi, c'est l'insistance avec laquelle les médias, comme l'armée à l'époque, ne veulent pas admettre une erreur", déclarait fin 2013 le cinéaste au sujet du personnage de son prochain long-métrage, y voyant un parallèle avec son propre parcours.

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