MUSCLES - Après "Mauvaise Foi" et "Omar m’a tuer", l’acteur Roschdy Zem passe une troisième fois derrière la caméra avec "Bodybuilder". Sur fond de filiation, ce nouveau long métrage plonge le spectateur dans le quotidien des amateurs de fonte et de régimes hyperprotéinés.

Quelque part à Lyon, le jeune Antoine (Vincent Rottiers) multiplie les coups foireux et s’attire les foudres d’une bande de voyous agressifs. Appelés à la rescousse, sa mère et son frère l’envoient séance tenante chez son géniteur, un fada de culturisme qui prépare, dans sa propre salle de sport, un concours de bodybuilding. Pour son troisième film en qualité de réalisateur, Roschdy Zem filme avec réussite l’intimité de ces êtres obsédés par le muscle parfait.

La culture du sacrifice
"Ce qu’on ne connaît pas et qui fait peur finit par nous attirer. C’est ainsi que j’en suis arrivé aux bodybuilders. Ce milieu me fascinait et je suis curieux de nature. C’était intéressant d’aller à leur rencontre et de les observer. Ils vivent en autarcie et forment une tribu qui a ses codes et son langage. Leur vie revêt une forme de schizophrénie puisqu’ils ont d’un côté leur métier et leur famille, comme beaucoup, et de l’autre la musculation. Ils font 2 à 4 heures de sport par jour et ont une alimentation avec un régime draconien hyperprotéiné à raison de 6 à 8 repas quotidiens. Il y a des sacrifices, des douleurs et des privations".

Aux origines du muscle

"On sent que leur volonté de transformer leur corps est un moyen de combler un mal-être ou un complexe. Pour beaucoup, ce sont des personnes qui étaient en surcharge pondérale. Chez les femmes, on retrouve de nombreuses anciennes anorexiques. Il y a une volonté de faire souffrir un corps qu’on n’aime pas. Je veux dire que la passion n’est pas le déclenchement. On a d’abord une quête obsessionnelle d’une symétrie parfaite qui a la particularité de ne pas exister. Ce qui m’a frappé, c’est l’écart entre l’investissement, financier comme familial, et la récompense. Personne ne connaît le champion de France".

Tel père, tel fils ?
"De tout temps, le bodybuilding a surtout été associé aux films d’action. (Réflexion) Le corps est devenu l’outil principal de la construction de nos personnalités. Il a une importance fondamentale. Mais le corps parfait est une notion subjective qui diffère selon les hommes et les cultures. Je voulais parler de ces personnes sans tomber dans le documentaire. Pour cela, j’ai décidé de créer des personnages. D’une part, on a ce fils, incarné par l’excellent Vincent Rottiers, qui représente le regard du spectateur, et d’autre part, on a le père, en fin de cycle, qui représente le monde du bodybuilding. Le film aborde l’opposition entre ces deux univers".

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