"Salaud on t’aime" : comme un air... de Lelouch

"Salaud on t’aime" : comme un air... de Lelouch

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CRITIQUE – Quatre ans après "Ces amours-là", Claude Lelouch revient au long-métrage de fiction avec "Salaud on t’aime", comédie dramatique qui brasse ses thématiques favorites. Au programme : le hasard, la famille, l’amour, l’amitié... et surtout Johnny Hallyday, atout maître de cette partition chorale. De quoi permettre au roi du chabadabada de renouer avec le succès ? Pas si sûr.

Les uns et les autres
Un film a souvent une part autobiographique... et plus encore chez Claude Lelouch. Dans Salaud On t’aime, son personnage central est ainsi un retraité de la photographie de guerre (le premier métier du cinéaste), père d’enfants issus de mariages différents (comme Lelouch là encore). La suite semble fictive : Jacques, son héros délaissé par ses filles, voit ainsi sa smala rappliquer dans son nouveau chalet grâce (ou à cause) d’un énorme bobard monté par son meilleur pote.

Attention bandits !
Que l’on adhère ou non au style Lelouch, Salaud on t’aime saura faire l’unanimité sur un point : le duo Eddy Mitchell-Johnny Hallyday. Amis de longue date à la ville, les deux chanteurs ne feignent pas la complicité sur grand écran. En témoigne une très jolie scène, nostalgique et charmante, dans laquelle ils revisitent en duo une chanson du western culte Rio Bravo.

Un homme et une femme
Si l’on est moins convaincu par le quatuor d’actrices qui campent les filles de notre Jojo national, Sandrine Bonnaire illumine ce 44e film du cinéaste en jouant la nouvelle compagne du héros. Son exploit ? Rendre crédibles et naturelles les formules pompeuses et les grandes vérités sur la vie que le réalisateur affectionne (malheureusement) toujours autant.

Tout ça... pour ça
Avec un tel trio de tête, il est regrettable que Claude Lelouch ne soit pas davantage sorti de son carcan habituel. Aucune surprise ici, voire un certain agacement face aux redites. Mais le gros point noir reste le basculement aux deux-tiers du film : Salaud on t’aime chavire alors dans le thriller grotesque, nous perd dans des intrigues parallèles sans intérêt, et sape les tentatives de séduction qu’avait jusqu’alors entrepris le casting.

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