Scandale Weinstein : le producteur bientôt privé de sa Légion d'honneur, annonce Macron

SCANDALE - Le producteur américain, accusé par une trentaine d'actrices du monde entier de harcèlement, d'agressions sexuelles et pour certaines de viols, devrait se voir retirer sa Légion d'honneur, a annoncé le président Macron sur TF1, dimanche 15 octobre.

Il est l'homme aux multiples récompenses et aux 81 Oscars et avait été décoré de la Légion d'honneur en 2012. Mais aujourd'hui, Harvey Weinstein est devenu le paria du cinéma mondial. Ce qu'Emmanuel Macron a d'ailleurs confirmé sur TF1, en annonçant que le producteur américain allait perdre sa prestigieuse décoration. "J'ai engagé les démarches pour en effet [lui] retirer la Légion d'honneur", a déclaré le président de la République. "En tout cas, j'ai demandé au Grand chancelier de l'Ordre d'[entamer] une procédure disciplinaire", a-t-il poursuivi.


Emmanuel Macron a par ailleurs tenu à rappeler "qu'un étranger n'est pas membre de l'ordre,  [Harvey Weinstein] a reçu la décoration", c'est tout. Mais, " je souhaite en effet, comme ses actes manquent à l'honneur, que nous en tirions toutes les conséquences", a fait savoir le chef de l'État. 

"Il est bon que les langues se délient"

Harvey Weinstein est accusé par une trentaine d’actrices, dont les françaises Emma de Caunes et Judith Godrèche, de harcèlement et d’agressions sexuelles. Cinq comédiennes ont également accusé le producteur américain, fondateur de Miramax, de viol. Tant et si bien que la justice new-yorkaise a ouvert une enquête, tout comme la justice britannique, et que l'Académie des Oscars a décidé de l'exclure de son organisation. Emmanuel Macron a affirmé dimanche soir qu'il était "bon que les langues se délient". Et d'enfoncer : "Mais ce qui rajoute de la blessure à la blessure (...) c'est le silence, c'est le tabou. C'est le fait que l'on puisse passer des mois et des années en sachant et sans rien dire", a ajouté le chef de l'Etat. 


De plus en plus de femmes prennent la parole dans le monde du cinéma, comme dans d'autres domaines d'activités. Sur Twitter, un hashtag #balancetonporc était même très populaire dans le week-end, encourageant les victimes de harcèlement et d'agressions à s'exprimer. Face à cela, le président de la République a insisté sur la nécessité de "dire à toutes les femmes qui sont victimes de violences et d'humiliations [qu'il y a] un numéro d'urgence". "Ce n'est pas une honte, ce ne sont pas elles les honteuses, ce sont eux [leurs agresseurs, ndlr]", a déclaré le chef de l'État.


Emmanuel Macron a affirmé que le gouvernement entendait réagir face à ce phénomène. "Il faut un vrai travail pour aller plus loin en termes de luttes contre le harcèlement", a-t-il dit. Pour lui, il s'agit d'ouvrir "des sujets toujours difficiles", mais sur lesquels il estime qu'il "faudra en passer par la loi, à la lumière des débats de société et de ce que vivent toutes ces femmes". 

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