"Scream" : 20 ans après, que reste-t-il de ce film d'horreur culte ?

DirectLCI
PHENOMENE. "Scream" de Wes Craven souffle ses 20 bougies ce mardi. L'occasion de revenir sur l'histoire d'un film d'horreur culte qui a marqué des générations entières de spectateurs...

Casey (Drew Barrymore), une belle adolescente, est seule dans la maison familiale. Elle s'apprête à regarder un film d'horreur, mais le téléphone sonne. Au bout du fil, un serial killer la malmène, et la force à jouer à un jeu terrible : si elle répond mal à ses questions portant sur les films d'horreur, celui-ci tuera son copain. Sidney Prescott (Neve Campbell) sait qu'elle est l'une des victimes potentielles du tueur de Woodsboro. Celle-ci ne sait plus à qui faire confiance. 


Entre Billy (Skeet Ulrich), son petit ami, sa meilleure amie Tatum (Rose McGowan) et son frère Dewey (David Arquette), ses copains de classe Stuart et Randy, la journaliste arriviste Gale Weathers (Courtney Cox) et son caméraman Kenny qui traînent tout le temps dans les parages et son père toujours absent, qui se cache derrière le masque du tueur? 

Plus satire qu'épouvante ?

A la fin des années 90, Wes Craven, réalisateur de Freddy, les griffes de la nuit, s’amusait du scénario écrit par Kevin Williamson. Il y voyait une petite provocation, se disant que l’ancienne génération de fans du genre serait un peu choquée de voir ce maître de l’angoisse cracher dans la soupe et que la nouvelle, qui ne connaissait pas encore les classiques, prendrait cet exercice comme un pur film d’horreur, les yeux révulsés par la séquence d’ouverture avec Drew Barrymore - aussi atroce que parodique.


Les personnages de Scream devenaient prisonniers des films d’horreur qu’ils regardaient de manière intempestive. Mais à force de se croire dans un film d’horreur, ils finissaient par en devenir les héros. Le paradoxe veut que le film ait majoritairement été compris au premier degré. Presque involontairement, il a massivement relancé l’attraction du slasher développé à travers des déclinaisons teenage allant de Souviens-toi l’été dernier à Urban Legend

Une influence qui dure

Dans les années 2000, il y a eu l’émergence de nouveaux monstres : ceux du splat-pack. Étymologiquement, un terme dérivé de "rat pack", employé dans les années 50 pour rassembler les stars les plus populaires (Frank Sinatra, Dean Martin, Sammy Davis Jr, Joey Bishop et Peter Lawford). Dans la bouche du journaliste Alan Jones, ce terme qualifiait une nouvelle vague de réalisateurs spécialisés dans l’horreur. En réalité, ce sont des enfants de Scream biberonnés aux films de genre des années 70 qui connaissaient leurs classiques de John Carpenter et Tobe Hooper sur le bout des doigts. Parmi eux, Rob Zombie (The Devil’s rejects), James Wan (Saw), Darren Lynn Bousman (Saw 2), Neil Marshall (The Descent), Greg McLean (Wolf Creek), Eli Roth (Hostel) ou encore Alexandre Aja (La Colline a des yeux).

Dans nos souvenirs, Scream 4, le dernier volet réalisé par Wes Craven, était plutôt une bonne surprise. Il renvoyait par sa facture aux années 90, convoquait des stars éteintes (Courtney Cox, Neve Campbell et David Arquette), réunissait à nouveau le réalisateur (Wes Craven) et le scénariste d’origine (Kevin Williamson) pour édifier un simple constat: en 2011, les films de Wes Craven étaient dépassés par une génération 2.0 avide de reconnaissance, plus rapide et instinctive qu’eux. 

En 1996, à l’époque du premier Scream, les réseaux sociaux n’existaient pas. Et les ados ne faisaient pas de critiques sur leurs blogs, voulaient ressembler aux héros tourmentés de la série Dawson, se perdaient dans les video-club pour ressusciter de vieux films d’horreur oubliés en VHS. En quinze ans, au moment de la sortie de Scream 4, tout avait changé. Les personnages de Scream, non. Ils étaient restés les mêmes. Et en vingt ans?

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter