Scream projeté à Gérardmer : 20 ans après, le film culte de Wes Craven marche toujours

CINÉMA
DirectLCI
ANGOISSE - Projeté au Festival de Gérardmer à la faveur de sa 25e édition, "Scream" de Wes Craven, Grand Prix du Festival de Gérardmer en 1997, continue de mettre les spectateurs sens dessus dessous.

Vous vous souvenez de Casey (Drew Barrymore), cette jolie blonde seule dans la maison familiale, sur le point de regarder un film d'horreur ? 


Bien sûr que vous vous souvenez d'elle. Vous avez vu Scream de Wes Craven, au cinéma, en VHS comme tous les ados des années 90. Et, NON, Casey n'aurait JAMAIS dû répondre au téléphone. 


Au bout du fil, un serial killer la malmène et la force à jouer à un jeu terrible : si elle répond mal à ses questions portant sur les films d'horreur, celui-ci tuera son copain. De son côté, Sidney Prescott (Neve Campbell) sait qu'elle est aussi l'une des victimes potentielles du tueur de Woodsboro. Mais entre Billy (Skeet Ulrich), son petit ami, sa meilleure amie Tatum (Rose McGowan) et son frère Dewey (David Arquette), ses copains de classe Stuart et Randy, la journaliste arriviste Gale Weathers (Courtney Cox) et son caméraman Kenny qui traînent tout le temps dans les parages et son père toujours absent, qui se cache derrière le masque du tueur? 

A la fin des années 90, Wes Craven, réalisateur de Freddy, les griffes de la nuit, s’amusait du scénario écrit par Kevin Williamson. Il y voyait une petite provocation, se disant que l’ancienne génération de fans du genre serait un peu choquée de voir ce maître de l’angoisse cracher dans la soupe et que la nouvelle, qui ne connaissait pas encore les classiques, prendrait cet exercice comme un pur film d’horreur, les yeux révulsés par la séquence d’ouverture avec Drew Barrymore - aussi atroce que parodique.

J'adore Scream, mais ça a relancé le film d'horreur autant que ça l'a tuéQuentin Dupieux, réalisateur

Presque involontairement, Scream a massivement relancé l’attraction du slasher (sous-genre du film d'horreur où le meurtrier élimine un à un les personnages de l’histoire), développé par la suite à travers des déclinaisons teenage allant de Souviens-toi l’été dernier à Urban Legend

Plus de 20 ans après, la fascination reste vivace

En 1996, à l’époque du premier Scream, les réseaux sociaux n’existaient pas. Et les ados ne faisaient pas de critiques sur leurs blogs, voulaient ressembler aux héros tourmentés de la série Dawson, se perdaient dans les vidéo-club pour ressusciter de vieux films d’horreur oubliés en VHS. 


Plus de 20 ans plus tard, le monde a changé mais la fascination n'en reste pas moins vivace et des réalisateurs actuels continuent de le citer comme référence. Pour Quentin Dupieux, réalisateur de Steak et de Rubber, Scream est même trop intelligent pour son propre bien : "Je pense que les vrais films du genre sont derrière nous. Aujourd'hui, les films d'horreur sont cyniques : ils ont conscience des codes. J'adore Scream, mais ça a relancé le film d'horreur autant que ça l'a tué. Tous les films qui ont suivi ont misé comme lui sur les clins d'œil." 


Quant à Rob Zombie, réalisateur de The Devil's Rejects, il pointe du doigt la nouveauté de Scream, et définit au fond pourquoi il reste encore aujourd'hui une référence : "Dans Scream, j'adore l'idée que des personnages qui participent à un film d'horreur soient eux-mêmes en train de regarder un film d'horreur. Sans doute parce que, comme tous les cinéphiles, j'ai découvert les films d'horreur comme les héros de Scream, en les regardant, gamin, à la télévision". Pour la première fois au cinéma, le spectateur devenait une victime, le protagoniste d'un effroyable et drolatique film d'horreur. 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter