Shia LaBeouf : déprimé, drogué et amoureux en Roumanie

CINÉMA

CRITIQUE - Dans "Charlie Countryman", en salles mercredi, Shia LaBeouf incarne un jeune homme qui tente de redonner un second souffle à sa vie après la mort de sa mère. Un voyage vers la Roumanie conduit de manière inégale par le cinéaste Fredrik Bond.

Juste après son décès, la mère de Charlie Countryman ( Shia LaBeouf ) réapparaît dans le couloir d’un hôpital. Le temps d’une discussion spectrale et émouvante, la défunte encourage son fils, plus paumé que jamais, à se rendre à Bucarest. Au bout de rouleau et sans nul autre ami que son maigre bagage, le héros de ce premier long métrage prend alors la direction de la Roumanie en espérant y brouter une herbe fraîche et revigorante. Une de celles qui pansent les plaies les plus ruisselantes.

Triangle amoureux quelconque

Formé à l’école de la publicité et des clips, le cinéaste aux origines suédoises Fredrik Bond entend ici accompagner Charlie dans sa renaissance et sa quête initiatique. S’il abuse de trop nombreux tics esthétisants, sa mise en scène ne manque pas de sincérité. Entre véritables fulgurances visuelles et grands moments de balourdise scénaristique, il tisse une intrigue généreuse où il dresse le portrait contemporain d’une jeunesse désœuvrée, ivre de rêves, de sensations et de contradictions.

Dans la peau du protagoniste, Shia LaBeouf, très amaigri, livre une prestation touchante. On regrettera que son parcours intérieur butte sur un triangle amoureux abracadabrant à défaut d’être franchement baroque. Pris en étau entre la belle Gabi (Evan Rachel Wood) et son ex peu fréquentable (Mads Mikkelsen), Charlie devient bien moins passionnant quand il est pris dans d’insignifiants tourments de cœur. On aurait préféré que le scénario de Matt Drake se concentre davantage sur la question de l’existentialisme plutôt que de lorgner vers une romance sous acide aux effets artificiels.

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