Savoureux mais un brin bourratif : notre avis sur "Les Derniers Jedi", le nouveau "Star Wars"

CINÉMA
DirectLCI
ON AIME – Deuxième volet de la nouvelle trilogie "Star Wars" entamée en 2015, "Les Derniers Jedi" mélange le fun et le drame, le pop et le tragique avec une énergie de tous les instants. Quitte à en faire un peu trop...

C’est bien le festin attendu. Deux ans après sa résurrection avec Le Réveil de la Force, la saga "Star Wars" revient envahir les écrans avec Les Derniers Jedi. Après J.J. Abrams, c’est à Rian Johnson, réalisateur de l’audacieux Looper et de quelques uns des meilleurs épisodes de la série Breaking Bad, qu’a été confié le destin de cet épisode qui reprend les choses là où les avait laissé le précédent. A la sortie de la projection, les spectateurs en auront plein les yeux – et la tête aussi – tant ces 2h32 de science-fiction à gros budget enchaînent les morceaux de bravoure et les visions spectaculaires, quitte à survoler l’évolution psychologique des (très) nombreux personnages.


Après le traditionnel générique, le spectateur a droit à une séquence d’ouverture qui donne le ton de cet opus guerrier dont les soldats suicidaires évoquent furieusement ceux de Rogue One, le spin-off sorti l’an dernier. Alors que les soldats du Premier Ordre, dirigé par l’impétueux Général Hux (Domhnall Gleeson), s’apprêtent à pilonner les résistants de l’Alliance Rebelle, l’intrépide Poe Dameron (Oscar Isaac) se lance dans une mission périlleuse afin de détruire une partie cruciale de l’armement adverse, sous l’œil inquiet de Leia (la regrettée Carrie Fisher).

En vidéo

VIDÉO - Star Wars, une saga en chiffres

Mais ce que les fans purs et durs de Star Wars attendent par-dessus tout, c’est la suite de la rencontre entre la jeune Rey (Daisy Ridley), l’héroïne badass de cette nouvelle trilogie, et Luke Skywalker (Mark Hamill), le maître Jedi vintage, qu’elle a retrouvé sur une île paumée aux confins de la galaxie. C’était la dernière scène, splendide, du film précédent. Rian Johnson la rejoue à sa sauce en y injectant un clin d’ œil humoristique inattendu. C’est d’ailleurs l’une des surprises majeures ce nouvel opus.


Alors qu’on a reproché au Réveil de la Force d’emprunter la structure scénaristique de La Guerre des Etoiles, le premier film de 1977, Les Dernier Jedi n’a rien d’une relecture du suivant, L’Empire contre-attaque, le volet le plus sombre de la saga. Sans temps mort, ou presque, l’intrigue marie le fun et le drame, le pop et le tragique avec une énergie un peu foutraque dans une superproduction de cette envergure. 


Le jeu de Mark Hamill, qui retrouve ici le rôle de sa vie, est à l’image de tout le film. Touchant, un peu too much, un brin mystique. Foncièrement généreux. Sa présence, encore plus que celle de Carrie Fisher, confère à l’ensemble une épaisseur humaine qui manque parfois dans ce déluge d’effets spéciaux toujours plus sophistiqués. C’est le vrai bémol de ce blockbuster qui fracasse tout sur son passage.

Des miettes pour Chewbacca

A force de multiplier les protagonistes et les intrigues parallèles, Les Derniers Jedi lance tout un tas de pistes prometteuses sans toutes les exploiter. On pense notamment à la relation trouble qui se noue peu à peu entre Rey et l’enragé Kylo Ren (Adam Driver) et donne lieu à l’un des combats les plus électriques de l’histoire de la franchise. Ou à celle qui commence à naître entre Finn (John Boyega) et Rose (Kelly Marie-Tran), l'un des nouveaux personnages qui aurait mérité d'être développé. Orphelin de Han Solo, Chewbacca est en revanche quasi-absent de l'intrigue, tout comme les vénérables C-3PO et R2-D2, supplantés dans le coeur des scénaristes par le rigolo BB-8.


Si Les Derniers Jedi était un gâteau au chocolat, on en savourerait la première bouchée onctueuse sans trop réfléchir, des étoiles plein les yeux… avant de réaliser qu’on a un peu mal au cœur au moment de vider l’assiette. Verdict : savoureux, mais un brin bourratif. La prochaine visite de la pâtisserie galactique est déjà prévue pour Noël 2019, date à laquelle J.J. Abrams viendra mettre un terme à cette nouvelle trilogie. Entre temps, les plus gourmands auront droit à un spin-off sur la jeunesse de Han Solo en mai prochain. Gare tout de même à l’indigestion !

Plus d'articles

Lire et commenter