"Spider-Man" + "L'Inconnu du Lac" = "Vincent n'a pas d'écailles", l'OVNI ciné de la semaine

"Spider-Man" + "L'Inconnu du Lac" = "Vincent n'a pas d'écailles", l'OVNI ciné de la semaine

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COUP DE CŒUR – Avec "Vincent n’a pas d’écailles", en salles ce mercredi, le réalisateur français Thomas Salvador se met en scène dans la peau d’un être que l’eau rend plus fort. Il signe une œuvre jubilatoire et originale, qui agit comme une bouffée d’air frais.

Vincent n’a pas d’écailles. Ni de branchies, d’ailleurs. Pourtant, sa morphologie anodine ne l’empêche pas de développer des aptitudes ahurissantes au contact de l’eau. Ce drôle de bonhomme, taiseux comme une nature morte, entrevoit à la fois dans la marge une forme de survie et un refuge. Raison pour laquelle il a élu domicile au cœur d’un paysage bucolique, véritable bouclier verdoyant où clapotis et stridulations chantent de concert. Là, à l’abri du regard de ses congénères, il teste ses dons, au quotidien. Jusqu’à ce que Lucie passe dans les parages, fasse battre son cœur et l’entraîne dans un voyage de l’intérieur… vers l’extérieur.

Tremble, Marvel !

Difficile de dire à quand remonte la dernière proposition cinématographique aussi singulière en France. En ancrant son protagoniste dans un naturalisme total, Thomas Salvador – ici metteur en scène et acteur principal – propose avec cette première réalisation le mariage déroutant de L’Inconnu du lac et Spider-Man. Non content de nous offrir (ô miracle !) un super-héros hexagonal, l’intéressé se désolidarise, de façon bienvenue, des codes traditionnels du genre, privilégiant ainsi le comment du pourquoi. En effet, il n’y a pas de dessein connu, pas de mission clé-en-main, pas de méchant à abattre. Uniquement plusieurs actions à effectuer pour trouver sa place.

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On conviendra volontiers de la maigreur du scénario, réduit à la simple exploration de pouvoirs aux origines inconnues. Mais on applaudira à s’en rompre les nageoires la tonalité délicieusement barrée de l’entreprise. Laquelle jongle habilement entre deux extrêmes : l’incroyable, illustrée par des effets mécaniques probants (Vincent nage aussi bien qu’un dauphin, saute d’un immeuble à l’autre comme un Yamakazi et casse des objets avec l’aplomb d’un Hulk) et l’absurdo-burlesque, que Thomas Salvador traite avec le flegmatisme d’un Elia Suleiman. Au milieu ? La dimension humaine et sociale, certainement la plus passionnante, de cet être (extra)ordinaire qui doit mouiller le maillot pour faire les bons choix. Tous à l’eau !

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