"Star Wars" : George Lucas ne cracherait-il pas un peu dans la soupe ?

"Star Wars" : George Lucas ne cracherait-il pas un peu dans la soupe ?

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CASH - Dans une interview sans concession à l’animateur Charlie Rose, le réalisateur américain George Lucas évoque le retour de "Star Wars", sans lui, trois ans après le rachat de sa société à Disney. Amer ? Nostalgique ? Un peu des deux ? Toujours est-il qu’il emploie des mots très durs pour la firme aux grandes oreilles.

C’est l’histoire d’un génie visionnaire qui a vendu l’œuvre de sa vie à une multinationale aux dents longues... et blanches. Et qui se demande s’il n’a pas fait une grosse bêtise par appât du gain. En découvrant l’interview accordée par George Lucas à l’animateur Charlie Rose, certaines personnes ont dû avaler leur café de travers. A commencer par la direction de Disney qui a racheté Lucasfilm, la société du cinéaste, pour la bagatelle de 4 milliards de dollars en 2012. Mais aussi Kathleen Kennedy, la productrice qui a pris les rennes de son empire après avoir longtemps œuvré à ses côtés, notamment sur les aventures d’Indiana Jones avec Harrison Ford.

Le papa de la saga Star Wars, 71 ans, commence par expliquer pourquoi il n’a pas pris part, de près ou de loin, à la conception de l’épisode 7. "Ils ont regardé les histoires que j’avais écrites (pour les suites – ndlr). Et ils ont décidé de ne pas les utiliser. Ils m’ont dit ‘on veut faire quelque chose pour les fans'. Ils ont décidé de faire leur propre truc. De toute façon ils n’avaient pas très envie que je m’implique. Si je l’avais fait, j’allais leur causer des ennuis. Parce qu’ils n’allaient pas faire ce que j’attendais d’eux. Et comme je n’avais plus le contrôle, j’allais tout foutre en l’air. Alors j’ai dit ‘ok, je vais de mon côté, et je les laisse aller du leur."

"J'ai vendu mes enfants à des esclavagistes blancs"

Plus loin, George Lucas se lance dans une longue métaphore, comparant sa décision à une rupture amoureuse et/ou familiale. "Quand on se sépare de quelqu’un, la première règle c’est qu’on ne se téléphone pas. La deuxième règle, c’est de ne pas passer en voiture devant sa maison pour voir comment elle va. La troisième c’est que vous ne vous pointez pas au coffee shop où elle a ses habitudes", explique-t-il. "Je parle d’expérience : à chaque fois qu’on enfreint l’une de ces règles, on rouvre la plaie. (…) Ces films, ce sont mes enfants, je les aime. Je les ai vendus à ces esclavagistes blancs qui prennent les choses et qui..". Réalisant peut-être l’énormité de la comparaison, il ne termine pas sa phrase et se met à rire.

Au cours de l’entretien, il balance, en creux, au sujet de l’épisode 7, écrit par J.J. Abrams mais aussi Lawrence Kasdan, qui avait co-signé L’Empire contre-attaque et Le Retour du Jedi. "Ils voulaient faire un film rétro. Je n’aime pas ça", lâche-t-il. "Sur chacun de mes films, je travaille très dur pour les rendre complètement différents, avec différentes planètes, différents vaisseaux, je veux que ça ait l’air neuf." L’occasion, au passage, de tacler ceux qui ont tenté d’imiter Star Wars après le succès de la première trilogie. "Tout le monde s’est mis à faire des films avec des vaisseaux spatiaux et ils étaient tous horribles et ils ont tous perdu des tonnes d’argent", soupire le cinéaste, qui compte désormais revenir à un cinéma plus expérimental, dans la veine de THX 1138, en 1971. 

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