"Star Wars" : victime de cyberharcèlement, l'actrice Kelly Marie Tran se dresse contre le racisme anti-asiatique

DirectLCI
COUP DE GUEULE - Les attaques dont elle a été victime l'avaient amenée à tout couper sur Instagram. Deux mois après disparu des réseaux sociaux, l'actrice américaine d'origine vietnamienne frappe fort dans le New York Times avec un texte dénonçant le racisme anti-asiatique dont elle est la cible depuis l'enfance.

Hollywood est en pleine transformation. A l'heure des polémiques sur le whitewashing et le choix d'acteurs blancs pour incarner des personnages de couleur, le box-office de cette fin août est dominé par "Crazy Rich Asians", premier film au casting 100% asiatiques à être produit aux Etats-Unis depuis 25 ans. 


Le premier rôle de la comédie romantique "A tous les garçons que j'ai aimés avant", disponible sur Netflix depuis le 17 août, est aussi tenu par une jeune actrice américaine d'origine vietnamienne, Lara Condor. Sur les réseaux sociaux, les commentaires sont élogieux. Bien loin de ce qu'a subi Kelly Marie Tran il y a quelques semaines.

En juin, l'actrice révélée par la saga "Star Wars" effaçait toutes les photos de son compte Instagram après avoir été la cible d'attaques racistes. Malgré le soutien de ses collègues, dont celui de Mark Hamill, la jeune femme de 29 ans n'avait pas commenté publiquement sa décision. 


Jusqu'à cette fin août et la publication, le 21, d'une tribune dans le New York Times. "Je ne serai pas marginalisée par le harcèlement en ligne", écrit-elle. "Ce n'était pas leurs mots, mais le fait que je commence à les croire", poursuit-elle. Des insultes, des sorties racistes qui "ont renforcé un discours que j'ai entendu toute ma vie : que j'étais 'l'autre', que je n'avais pas ma place, que je ne n'étais pas assez bonne, simplement parce que je n'étais pas comme eux".

Je ne suis pas la seule personne à avoir grandi de cette manière. C'est le lot de toutes les personnes de couleur dans un monde dominé par le blancKelly Marie Tran

"Parce que la même société qui m'a appris que certains étaient des héros, des sauveurs et des héritiers de l'idéal du Destin manifeste (idéologie datant des premiers colons, ndlr), m'a aussi appris que je n'existais qu'en arrière-plan de ces histoires, à faire leur ongles, à diagnostiquer leurs maladies, à soutenir leurs histoires d'amour, et peut-être le plus dommageable, à attendre qu'ils me secourent", regrette Kelly Marie Tran. 


Elle évoque l'américanisation du prénom de ses parents, devenus Tony et Kay à leur arrivée du Vietnam, cette "effaçage total de culture qui [la] blesse toujours au plus profond [d'elle]". Elle révèle qu'elle-même n'utilise pas son vrai prénom, Loan.

Ce n'est que le débutKelly Marie Tran

D'abord honteuse de ce qu'elle était, Kelly Marie Tran a désormais honte "de la manière dont le monde traite tous ceux qui sont différents". "Je ne suis pas la seule personne à avoir grandi de cette manière. C'est le lot de toutes les personnes de couleur dans un monde dominé par le blanc", insiste-t-elle, plaidant pour une meilleure égalité pour tous, peu importe la couleur, la religion ou l'orientation sexuelle. 


Victime de bodyshaming, elle rejette en bloc l'idée que les femmes ne soient reconnues et appréciées qu'à travers le regard masculin. Des messages qu'elle compte bien transmettre dans tous les projets artistiques qu'elle défendra dans le futur. Et de conclure : "Je n'abandonne pas (...). Ce n'est que le début".

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter