Steven Spielberg a 70 ans : quels sont ses 10 meilleurs films ?

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HAPPY BIRTHDAY. Steven Spielberg, le grand réalisateur américain de "Rencontres du troisième type", "E.T.", "La liste de Schindler" et "Il faut sauver le soldat Ryan", a soufflé ce dimanche ses 70 bougies. A cette occasion, retour sur sa filmographie avec une sélection de 10 films marquants.

Lorsque Steven Spielberg avait reçu dans les années 90 un César d'honneur et que dans son discours, il énumérait ses influences (Truffaut, Blier, Godard...), on était devant l'émotion d'un vrai passionné de cinéma et de tout ce qu'il avait à offrir. Cet enthousiasme ne s'est jamais démenti jusqu'à nos jours. 


Il rendait alors hommage à son art de toutes les manières possibles, dans le divertissement (Les Dents de la Mer, Jurassic Park) ou la gravité (La couleur Pourpre, La Liste de Schindler, Munich) jusqu'à des projets plus personnels (Rencontres du troisième type, E.T). C'est cette passion absolue et renouvelée à chaque film que Spielberg ne cesse de réaffirmer. 

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LA LISTE DE SCHINDLER

La liste de Schindler constitue un virage majeur dans la carrière de Steven Spielberg, d’autant que le cinéaste le tourne entre deux énormes productions avec des dinosaures nommées Jurassic Park et Jurassic Park 2. C'est également l'œuvre la plus personnelle du cinéaste. A sa sortie, le cinéaste l’avait défendu bec et ongles malgré l'absence de stars, le choix du noir et blanc et la durée importante. En dépit des polémiques à la sortie du film, La Liste de Schindler remporta sept oscars et fut un grand succès en salles. Une fois encore, le réalisateur habitué aux blockbusters pop-corn parvenait à se mettre dans la peau d'un auteur revendicatif, volontiers porté sur le devoir de mémoire.

E.T.

Le voilà le plus gros succès de Steven Spielberg en France. Et là encore, c'est un film qui a marqué toute une génération de cinéphiles qu'ils soient petits ou grands. Quatre ans après Rencontres du troisième type, Spielberg va encore plus loin. Le sympathique E.T. va pas tarder à s'imposer dans l'imaginaire des plus jeunes. Au terme de sa carrière, débutée en décembre 1982, le film réalisera 7.881.332 entrées. Mais, ses deux ressorties en 1986 et 2002 pour les 20 ans feront monter le score à 9.413.740!

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RENCONTRES DU TROISIEME TYPE

Dans l'Indiana, pendant qu'une coupure d'électricité paralyse la banlieue, un réparateur de câbles voit une "soucoupe volante" passer au-dessus de sa voiture. D'autres personnes sont également témoins de ce type de phénomène : un petit garçon de quatre ans, est réveillé par le bruit de ses jouets qui se mettent en route. Parallèlement à ces événements, une commission internationale conduite par le savant français Claude Lacombe s'efforce d'en percer le mystère. Une évidence s'impose bientôt à eux : une forme d'intelligence extraterrestre tente d'établir un contact avec les Terriens. Souvent copié, jamais imité. Une merveille. 

LES DENTS DE LA MER

C'est avec Les Dents de la mer en 1975 que Spielberg explose les compteurs et s'impose comme un cinéaste important. La structure du scénario est proche de celle de Duel. La menace est longtemps suggérée, l'affrontement final avec le monstre est longtemps reporté, le temps que la tension monte. En cela, Spielberg est le digne héritier d'Hitchcock, il pose sa situation, prend son temps, ménage ses effets pour permettre une montée graduelle du suspense et une implication totale du spectateur. Il a compris l’essentiel: la créature est beaucoup plus menaçante lorsqu'elle n'est pas identifiée. Ainsi, la star du film, le requin, n'est montrée d'abord que très partiellement. Sa présence se fait pourtant de plus en plus insoutenable. Gros traumatisme sur les plages du monde entier. 

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En 1914-1918, le "soldat Ryan" était anglais

Il FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN

Il y a tout d'abord cette introduction, brutale et ultra-réaliste, qui influença tous les réalisateurs de films d'action les années suivantes. En plaçant ses personnages sur le champ de bataille, Steven Spileberg ne s'intéresse plus aux coulisses meurtrières de la seconde guerre mondiale mais se projette sur le terrain avec des soldats américains durant le débarquement en Normandie. Sueur, sang et larmes viennent percuter l'aspect mélo du scénario. Il faut sauver le soldat Ryan reste un monument du genre où la guerre y est montrée dans toute son horreur.

MINORITY REPORT

Minority report marquait un virage stylistique après l'expérience A.I. Il ne s'agissait pas d'une rupture mais d'une continuité, le regard de Spielberg sur la nature humaine étant beaucoup plus mitigé qu'on ne le pensait à première vue. Si l'on omet son happy end un peu forcé (et en rupture avec l'ensemble), il s'agit d'une oeuvre noire désespérée et paranoïaque, à l'ambiance extrêmement sombre. Le réalisateur épouse à merveille l'univers de Philip K.Dick, d'une manière beaucoup moins stylisée que Ridley Scott dans Blade Runner. L'avenir qu'il y expose est plausible techniquement et envisageable moralement. La haute technologie devient une menace permanente, dans une terreur qui rappelle 1984 de George Orwell. Au bout de la science et du progrès technique, il y a une aberration, une barbarie, l'anéantissement de l'humanité. On sentait déjà ces thèmes dans Jurassic Park. La question de la science et de sa conscience se pose également dans A.I. Son approche de la science-fiction est toujours assez naturaliste et n'invente pas un monde de toutes pièces comme c'est le cas de son ami Lucas.

ARRETE-MOI SI TU PEUX

L’intrigue de Arrête-moi si tu peux s’inspire de l’histoire vraie de Frank W. Abagnale, ancien escroc qui est devenu aujourd’hui l’un des plus grands spécialistes de la lutte contre la fraude, l’arnaque et le détournement de fonds. Le bonhomme, campé présentement par Di Caprio, a eu une vie trépidante et occupé les fonctions de pilote d’avion, docteur et avocat. Spielberg fut tellement passionné par la vie de cet homme qu’il a décidé d’en faire un film. Tom Hanks (méconnaissable en flic opiniâtre et rigoriste qui traque le jeune escroc comme un prédateur, sa proie) le traque. Et c’est drôle, c’est triste. 

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JURASSIC PARK

Jurassic Park soulignait encore la dualité de Spielberg, qui n'a jamais craint de flirter avec l'épouvante dans des films de pur divertissement. Le premier volet fut une grande sensation. On n’avait jamais vu d'images de synthèse de cette qualité, faisant des dinosaures des créatures plus vraies que nature. C'était une véritable prouesse technique à l'époque. Elle a la particularité d'avoir très bien vieilli. C'est précisément parce qu'à côté de ces effets spéciaux époustouflants, il y avait une histoire à la hauteur (et quelqu'un qui savait où poser la caméra). On entre dans un Duel comme Spielberg les affectionne entre des T-Rex très énervés contre des humains d'abord un brin désemparés. Ensuite il enchaîne les morceaux de bravoure (le premier face à face entre les T-rex et les voitures, la fuite à pied dans la jungle du parc, les tentatives désespérées de reprendre le contrôle, la ruse des raptors dans la cuisine du parc...). Tout l'art de Spielberg est là. 

INDIANA JONES – LES AVENTURIERS DE L’ARCHE PERDUE

Un thème musical célèbre, le héros emblématique du cinéma d'aventures et des... nazis. En créant Indiana Jones, Steven Spielberg et George Lucas offrent au public un formidable grand huit d'action, de suspens et d'amour dans un film hanté par la montée du nazisme. A la recherche de l'Arche de d'Alliance, Indy contre les plans d'Adolf Hitler voulant lui aussi s'emparer de ce joyau aux pouvoirs grandioses. Le réalisateur refait l'Histoire en plaçant son héros à l'aube de la Seconde Guerre mondiale. Une toile de fond qui permet de mêler fiction et réalité avec un personnage principal héros de la première guerre mondiale avant qu'il ne devienne professeur d'archéologie. De la guerre 14-18 à la guerre froide, les quatre films mettant Indiana Jones en vedette seront tous marqués par les grands conflits. Une façon pour Steven Spielberg d'imposer un fil conducteur dramatiquement intense et d'aborder la guerre sous le prisme d'une lutte culturelle et anthropologique. Avec un sens du divertissement hors du commun.

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DUEL

Premier film initialement réalisé pour la télévision avant de sortir au cinéma en 1971, Duel révéla Steven Spielberg. Il est adapté d'une nouvelle parue dans Playboy, avec un postulat de départ simple: une voiture double un camion. Un brave américain moyen est au volant de sa voiture rouge à la durite défaillante (détail d'importance) et va doubler un mastodonte rouillé qui le ralentit pour ne pas perdre de temps. Seulement, il a réveillé la fureur d'un monstre mécanique, aussi terrifiant que le requin des Dents de la mer, aussi tenace qu'un terminator sur les nerfs. Spielberg transfigure tout. C'est d'ailleurs une constante dans son œuvre: il part souvent de l'ordinaire, d'un fait simple et identifiable et l'exploite, le fait évoluer vers l'exceptionnel. Tout simplement parce que le cinéma le permet. 

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