Succès, scandales, rivalités : tout ce qu’on apprend sur l'ère des top models dans "Casablancas"

Succès, scandales, rivalités : tout ce qu’on apprend sur l'ère des top models dans "Casablancas"

CINÉMA
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LEGENDE – Si, dans la dynastie Casablancas, le public d’aujourd’hui connaît surtout Julian, le leader des Strokes, son père John, dirigeant passionné mais controversé de l’agence Elite de 1972 à 2000, fut l’une des figures phare de la fashionsphere et de la pop culture. Hubert Woroniecki, son ami et collaborateur, lui consacre un documentaire qui en révèle autant sur l’homme que sur le milieu des supermodels. La preuve par cinq.

Un business model inédit
Comme le souligne le film Casablancas, l'homme qui aimait les femmes, le créateur d'Elite était un entrepreneur bigger than life, audacieux, frondeur. Avant lui, les mannequins n’étaient que des clones anonymes. Avec lui, elles deviendraient des valeurs ajoutées triées sur le volet, coûteuses, mais aussi glamour que des stars de cinéma. Mieux: afin de mettre un terme à l’ère du top blond aux yeux bleus, la diversité s’inviterait aussi dans ses rangs. Fort de ces spécificités, Elite réinventa le métier d’agent et de top model au point d’enregistrer un chiffre d’affaires de 120 millions de dollars en 1990 !

Des stars des podiums
Sans lui, les noms de Cindy Crawford, Stéphanie Seymour, Karen Mulder, Iman, Gisele Bundchen ou Linda Evangelista ne vous diraient peut-être rien. Innovateur, Casablancas fit non seulement de ses ouailles les reines des podiums mais aussi les cibles de la presse à scandale et les divas de l’entertainment. Caprices compris, comme le souligne le documentaire lorsqu’il évoque les sautes d’humeur de l’enfant gâtée Naomi ou l’ingratitude de Cindy qui, devenue plus star que les stars, le quitta pour un agent hollywoodien en 1996.
 

Un communicant de génie
Outre le portrait de l’homme, le long-métrage revient sur la guerre des agences dans les années 80 et 90. Là où la mythique Ford était connue pour son rigorisme avec ses filles, l’outsider Elite misait sur la communication, la rareté et le fun. Au programme : des talks shows de renom pour le patron et ses girls, des concours médiatisés (le fameux "Elite Model Look of the year"), des fiestas branchées en T-Shirt brandés et la garantie d’un traitement personnalisé et d’un gros salaire pour chacune des filles. De quoi convaincre la crème des tops de signer illico.

Un parfum de polémique
Si le docu de Hubert Woroniecki édulcore la vérité, John Casablancas fit aussi scandale, notamment en raison de son goût prononcé pour les très jeunes femmes. A 42 ans, il vécut ainsi une histoire d’amour passionnée avec Stéphanie Seymour, alors âgée de 16 ans. Dix ans plus tard, il réitérait en succombant aux charmes d’un autre modèle de 17 ans.

Un scandale fatal
Avant de décéder d’un cancer en 2013, Casablancas ouvrit ses archives personnelles au réalisateur du film et enregistra la voix off qui accompagne les images. Aussi, le long-métrage, franchement hagiographique, expédie-t-il trop vite les scandales, notamment celui qui poussa la star des agents à prendre sa retraite en 2000. Un an auparavant, la BBC diffusait un document qui accusait l’agence, et plus spécifiquement Gérald Marie, l’associé parisien de John, de racisme, d’exploitation sexuelle et d’incitation à la prise de stupéfiants. Bien que la crédibilité du reportage ait été mise en doute, Casablancas ne s’en remit jamais. Elite non plus : elle déposait le bilan en 2004.

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