Sundance 2014 : Mossab Hassan Yousef, fils d'un fondateur du Hamas et taupe pour Israël

Sundance 2014 : Mossab Hassan Yousef, fils d'un fondateur du Hamas et taupe pour Israël

CINÉMA
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RECIT - Le documentaire "The Green Prince" de Nadav Schirman a créé l'événement au Festival de Sundance. Et pour cause, il s'intéresse au parcours d'un palestinien engagé par les services secrets israéliens en tant qu'espion.

Etre le fils d'un des fondateurs du Hamas et devenir l'espion numéro 1 des services secrets israéliens. Ce parcours est celui de Mossab Hassan Yousef, le fils aîné du Cheikh Hassaf Yousef. Entre 1997 et 2007, l'intéressé a fait la taupe pour le compte du Shin Bet, les services secrets d'Israël, avant de s'expatrier en Californie pour se convertir au christianisme sous un autre nom. Un destin insolite qu'il a partagé dans son livre Son of Hamas – the memoir by Mosab Hassan Yousef et qui a tapé dans l'oeil du cinéaste Nadav Schirman. "J'ai réalisé qu'on ne connaissait rien au Hamas, explique ce dernier. Nous, israéliens, vivons juste à côté et nous ignorons tout de nos voisins".

Schirman et Mossab se sont donc rencontrés à New York en compagnie de Gonen Ben Yitzhak, l'agent secret israélien en charge à l'époque des espions recrutés. Les trois hommes ont longuement discuté jusqu'à décider que le documentaire consacré à leur passé mette l'accent sur l'amitié tissée au fil du temps entre les deux hommes. C'est en 1996 que le premier arrête le second, alors âgé de 17 ans et en possession d'armes et lui propose de travailler pour l'Etat juif. Palmarès ? Douze attaques terroristes endiguées, une contribution à l'arrestation de certains membres du Hamas et une attaque contre Shimon Peres stoppée.

Un des événements à Sundance

Des années plus tard, voilà que Mossab, aujourd'hui rejeté par ses proches, a foulé le tapis rouge du Festival de Sundance avec l'équipe du documentaire The Green Prince, qui s'inspire de sa décennie d'espionnage. L'oeuvre en question, que les premières critiques estiment un peu sèche, est exclusivement centrée sur les deux personnages. Variety ne cache pas sa déception par la voix du journaliste Rob Nelson. Il qualifie le résultat d'expérience "anti-cinématographique" et ajoute que le duo ne fonctionne pas toujours. Une fiction aurait-elle donc été plus pertinente ?
 

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