"Supercondriaque" : un bonheur pour les fans de Dany Boon ou une purge grimaçante ?

"Supercondriaque" : un bonheur pour les fans de Dany Boon ou une purge grimaçante ?

CINÉMA
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CRITIQUE - Avec "Supercondriaque", Dany Boon et Kad Merad se retrouvent à l'écran six ans après "Bienvenue chez les ch'ti". Un retour qui a fortement divisé chez Metronews.

Après les succès de Bienvenue chez les ch'tis et Rien à déclarer, qui ont réuni respectivement 20,49 et 8,15 millions de spectateurs, Dany Boon s'est de nouveau glissé derrière (et devant) la caméra pour les besoins de la comédie Supercondriaque. Pour l'occasion, il campe un hypocondriaque de haut vol qui trouve refuge chez un médecin à cran, incarné par Kad Merad. Ces retrouvailles tant attendues ont profondément divisé les critiques de Metronews.

POUR - Maryline Letertre

Depuis le phénomène Bienvenue chez les Ch’tis, chacune de ses comédies est attendue au tournant. Et si l’humour gras de Rien à Déclarer nous avait refroidi, Dany Boon redore quelque peu son blason avec sa version 2014 du Malade Imaginaire. Ressort comique efficace, l’hypocondrie permet en effet à l’humoriste de se donner en spectacle pendant la première partie du film, pour le bonheur de ses fans et des amateurs du genre "cris et grimaces". Il est en revanche regrettable que l’acteur-réalisateur décide, à mi-parcours, de catapulter son personnage dans les Balkans (où il prend la place d’un chef rebelle). Le scénario part alors en vrille, les rires s’amenuisent, les seconds rôles deviennent accessoires. Pourtant, Dany Boon renoue ici avec la qualité principale des Ch’tis : un regard tendre et empathique sur ses personnages.

CONTRE – Mehdi Omaïs
"Qu'est-ce que vous avez comme nouveautés ?", demande Romain Faubert, alias Dany Boon, à sa pharmacienne. La réplique se révèle amusante. Hélas, c'est bien la seule, tristement égarée dans une palette de vannes avariées. Malgré de bonnes intentions dans l'écriture et deux ou trois saillies humoristiques, les gags de ce Supercondriaque sont tellement surlignés que le rire est aux abonnés absents. Cabotin à souhait, Boon, acteur et réalisateur, n'arrange rien à l'affaire et multiplie les grimaces les plus embarrassantes. Cette omniprésence empêche les autres personnages, aussi caricaturaux les uns que les autres, d'exister réellement. Mais c'est probablement dans sa moralité que cette comédie (pas drôle) touche le fond de la niaiserie. Dès lors que le héros tombe amoureux de la sœur de son médecin traitant, qui le prend pour un emblématique opposant des Balkans, le naufrage est vertigineux. Les péripéties, de plus en plus grotesques, visent à signifier au spectateur – roulements de tambour – que la meilleure médication au monde, c'est l'amour. Sans blague ?

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