"Terminator : Genisys", la critique : beaucoup trop de rouille sur le métal

"Terminator : Genisys", la critique : beaucoup trop de rouille sur le métal
CINÉMA

DECEPTION – Six ans après "Terminator Renaissance", Arnold Schwarzenegger enfile une cinquième fois son costume de prédilection dans le reboot "Terminator : Genisys". Hélas, l’opus en question, comme les deux autres qui l’ont précédé, ne parvient pas à rallumer la flamme des débuts.

170 millions de dollars de budget au service d’un raffut métallique et d’une inanité créative. C’est en ces termes peu reluisants qu’on pourrait résumer Terminator : Genisys, reboot opportuniste d’une saga SF jadis magistralement initiée par James Cameron. Le réalisateur canadien en a, pour rappel, signé les deux premiers volets, monuments gravés dans la roche cinématographique et les mémoires intergénérationnelles.

Depuis, la rouille a hélas colonisé le métal rutilant. Après deux suites avariées – Terminator 3 : le soulèvement des machines et Terminator Renaissance –, Hollywood ne semble toujours pas encline à lâcher l’affaire. Au contraire, elle continue de s’acharner sur le célèbre personnage de fiction en proposant cette fois de rebattre ses cartes écornées.

Un scénario presque incompréhensible

Oubliez donc les trames précédentes. Ici, la donne a changé. John Connor, leader de la résistance, dépêche le sergent Kyle Reese dans le passé afin de tordre le cou à Skynet et veiller sur sa chère maman, Sarah. C’est toujours sur les épaules costaudes de cette héroïne culte, campée là par l’interchangeable Emilia Clarke, que repose le destin d’une humanité défigurée par ses propres créations robotiques.

Seul hic ? Une faille temporelle inattendue renverse l’ordre des événements et engendre l’arrivée d’un méchant T-1000, d’un Terminator rajeuni et d’un autre vieilli. Vous n’y comprenez pas grand-chose ? Rassurez-vous, nous non plus. Et pourtant, c’est sur la base de ce brouillamini narratif que s’articule le scénario multi-temporel de Terminator : Genysis.  

Heureusement qu’il y a Schwarzie

Alors que James Cameron avait parfaitement conjugué par le passé le fond et la forme, nous léguant des œuvres dépourvues de rides, Alan Taylor remet aujourd’hui les compteurs à zéro sans une once d’originalité. Le réalisateur de Thor : le monde des ténèbres se contente de satisfaire sa hiérarchie en répondant mécaniquement à un cahier des charges prévisible et aseptisé.

Sa mise en scène désincarnée, entièrement basée sur un long chapelet de scènes d’action, joue la carte de l’épate à coups d’effets spéciaux onéreux. Tout est prétexte à singer à l’emporte-pièce les faits de gloire de ses prédécesseurs, course-poursuite en gros camion incluse. On sauvera néanmoins de la lave quelques pirouettes amusantes et le charisme résigné de l’excellent Arnold Schwarzenegger, vestige d’une époque révolue. 

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