Terry Gilliam : "Avec Twitter, on commente le moment sans le vivre"

Terry Gilliam : "Avec Twitter, on commente le moment sans le vivre"

INTERVIEW - Le magicien Terry Gilliam revient cette semaine sur les écrans avec "Zero Theorem", une fresque loufoque avec Christoph Waltz. Alors qu'il s'apprête à remonter sur scène avec les Monty Pythons, metronews s'est entretenu avec le papa de "Brazil" et de "L'Armée des 12 Singes".

Trouver le sens de l’existence, est-ce une question qui vous obsède ?
Non mais je trouve qu’il est raisonnable d’y réfléchir. Pourquoi suis-je là ? Quel est mon but dans tout ça ? Suis-je utile ? Ai-je besoin d’être vivant ? Est-ce que je respire trop d’air ? (rires)

Le cinéma vous aide-t-il à répondre à ces interrogations existentielles ?

Pas vraiment parce qu’on reste en surface des choses. Je crois que c’est à nous de donner un sens profond à nos vies.

Comment décririez-vous votre personnage principal, Qohen Leth ?

C’est un homme abîmé. Il a eu plusieurs relations qui n’ont jamais marchées. Il passe son temps au travail sans toujours comprendre le sens véritable de ce qu’il fait. Il veut juste garder sa tête occupée, comme beaucoup d’entre nous.

Pourquoi Christoph Waltz était-il le candidat idéal ?

Il pouvait exprimer, avec excellence, toute la complexité de Qohen. Sur le tournage, il arrivait chaque jour avec plein d’idées. Il réfléchit tout le temps, il est cérébral. J’aime travailler avec des gens comme ça.

"On prête de moins en moins attention à ce qui nous entoure"

Dans quel sens pensez-vous que votre film dépeint le monde actuel ?

Voyez comme les gens passent leur temps à tweeter, combien d’heures ils restent devant leurs ordinateurs. On est connectés tout le temps à tout et on prête de moins en moins attention à ce qui nous entoure. On commente le moment sans le vivre.

Vous aussi ?

Oui, c’est pour ça que j’y consacre des films. Je comprends le danger encouru. Je suis souvent sur le net, il y a toujours quelque chose qui m’y attire. Du coup, j’ai mis mon ordinateur entre deux fenêtres pour voir l’extérieur. Et guérir, peut-être (rires).

Un mot sur les décors du film, aux antipodes de ce qui se fait actuellement à Hollywood…

J’essaye de décrire le monde tel que je le vois. Vous savez, les plus grandes technologies que l’on connait ne sont pas tout à fait modernes. Elles existent depuis un moment. (Réflexion) On voit souvent les mêmes images de villes ravagées, de bâtiments détruits… Cela ne m’intéresse pas. J’utilise tous les outils en place dans mes films mais je n’ai pas envie qu’ils ressemblent à ceux des autres.

"Plus je vieillis, plus je suis confus dans ma tête"

Le 1er juillet prochain, vous retrouverez les Monty Pythons sur scène. Êtes-vous stressé ?

Non (rires). Tout va bien se passer, on se connait bien. On a achevé la première semaine de répétitions. Je peux vous dire qu’il y aura de la danse et de la chanson. C’est en tout cas une excellente surprise d’être réunis après 30 ans.

Dites, par simple curiosité, ça fait quoi d’être dans la tête de Terry Gilliam ?

(Rires) Sérieusement, je ne vous le recommande pas. C’est compliqué. Plus je vieillis, plus je suis confus dans ma tête, et moins j’ai de réponses.
 
 

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