"The Lobster" : l'Ovni le plus dingue de 2015 décortiqué par son auteur

"The Lobster" : l'Ovni le plus dingue de 2015 décortiqué par son auteur

LOUFOQUE – Imaginez un monde avec un Colin Farrell bedonnant, amorphe et galérien avec les femmes. C’est l’incroyable postulat de "The Lobster", dystopie déjantée que son réalisateur décrypte pour Metronews.

Le célibat vous terrorise ? The Lobster décuplera vos angoisses. Yorgos Lanthimos, prix du jury du festival de Cannes, y décrit un futur proche dans lequel toute personne ne trouvant pas chaussure à son pied finit transformée en animal de son choix. "Nous avions l’idée de la critique d’une société organisée pour et autour du couple, et nous cherchions une punition horrible pour quelqu’un qui ne suivrait pas les codes", explique le réalisateur. "La mort ou la prison étaient trop extrêmes car nous voulions que les êtres restent utiles à la société. La métamorphose collait avec cette idée."

Et pas seulement : déjanté et original, ce postulat positionne immédiatement le troisième long-métrage du réalisateur grec d’Alps et Canine en marge.  "J’aime que le spectateur sorte de sa zone de confort, je veux le surprendre en ne lui montrant pas ce qu’il s’attend à voir. (...) Depuis le début, nous avons suivi nos propres règles, notamment en ne nous limitant pas dans le ton ou les genres abordés."

Colin Farrell comme vous ne l'avez jamais vu

Résultat : comédie, science-fiction, critique sociale et romance cohabitent, à l’instar d’acteurs issus d’univers très variés. Au casting international : John C. Reilly, Léa Seydoux, Rachel Weisz et Colin Farrell, antihéros ventripotent qui, pour échapper à son destin de homard, s’enfuit dans la forêt avec les résistants du célibat.

"Je l’avais beaucoup aimé dans Bons baisers de Bruges, et en regardant des interviews, j’avais remarqué son sens de l’humour. Je trouvais aussi intéressant de le voir dans un emploi différent de celui dans lequel on l’attend." Surprendre, encore et toujours. Le pari est réussi. Si la coquille de The Lobster n’est qu’à moitié pleine, l’audace du projet ne fait aucun doute.

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