Thierry Lhermitte comme vous ne l’avez jamais vu dans "La nouvelle vie de Paul Sneidjer"

CINÉMA
COUP DE CŒUR – L’acteur français n’est pas que le Popeye des "Bronzés" ou le Pierre Mortez du "Père Noël est une ordure". C’est aussi le comédien inoubliable de Guillaume Nicloux ("Une affaire privée"), de Bertrand Tavernier ("Quai d’Orsay") et aujourd’hui de Thomas Vincent qui l’a dirigé dans "La nouvelle vie de Paul Sneidjer", film singulier et donc indispensable.

Et vous, comment réagiriez–vous si vous étiez le seul rescapé d’un accident ? Feriez-vous le point sur votre vie pour changer tout ce qui ne vous plaît pas ? C’est en tous cas le choix de Paul Sneidjer, héros du film de Thomas Vincent (Karnaval, Le nouveau protocole) et unique survivant d’une chute d’ascenseur qui a notamment coûté la vie à sa fille.

Un habile mélange des genres


Lors de sa convalescence, ce miraculé envoie tout valser pour vivre comme il l’entend. Lassé par son boulot de cadre, il devient promeneur de chiens dans les parcs de Montréal et, excédé par les comportements de sa femme vénale, odieuse et infidèle, il décide de ne plus lui obéir comme un toutou. Mais Madame, froide, calculatrice et déterminée à ne rien changer à ses plans, ne l’entendra pas de cette oreille.

Thomas Vincent instaure ainsi un climat de tension, une atmosphère oppressante, dans la maison de son héros et de son épouse, brillamment incarnée par une Géraldine Pailhas glaçante. Mais dès lors que Paul sort de ses quatre murs et échappe à l’emprise de son couple, le long-métrage change littéralement d’ambiance, osant l’humour absurde dans de savoureuses séquences de concours canins ou lors d’échanges étrangement cocasses entre le héros et son nouveau boss obsédé par les nombres premiers.

Parfaitement maîtrisée, cette fusion du thriller psychologique et de la comédie décalée est l’une des grandes forces de cette adaptation du roman de Jean-Paul Dubois ("Kennedy et moi", "Une Vie française"...). L’autre atout majeur est assurément l’interprétation de Thierry Lhermitte, parfait de détachement, d’ironie et de détresse contenue : son meilleur rôle depuis Quai d’Orsay en 2013, et sans aucun doute l’un des plus intéressants de sa filmographie.

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