"Toni Erdmann" : la comédie monstre de Maren Ade à deux doigts du remake US ?

"Toni Erdmann" : la comédie monstre de Maren Ade à deux doigts du remake US ?
CINÉMA
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NI POUR NI CONTRE, AU CONTRAIRE - Interviewée par un média US, la réalisatrice allemande Maren Ade dont le fabuleux film "Toni Erdmann", Palme du cœur au dernier Festival de Cannes, était nommé dans la catégorie du Golden Globe du meilleur film en langue étrangère ce dimanche, ne voit pas d'inconvénient à ce que son film donne lieu à un remake américain.

Ce n'était qu'une simple question, ce n'est qu'une simple réponse. 


Interviewée par notre confrère de Bild, Maren Ade a répondu à une question sur la possibilité d'un remake de son film monstre Toni Erdmann, chronique de la relation entre une cadre trop sérieuse et son père fantaisiste. 


Sa réponse était à l'aune de la question: d'une ouverture et d'une simplicité totales: "Un remake n'affecterait pas le film original. Vous pouvez parfaitement le raccourcir, changer son rythme et en faire une pure comédie. Mais je ne veux pas être celle qui fera ce remake. J'étais tellement heureux d'avoir enfin terminé ce film qui m'a demandé en tout cinq ans et demi de travail." 


Ce qu'il faudrait ajouter, c'est que le remake serait fatalement moins bien. On y perdrait le sel unique de l'original. Mais connaissant l'appétence du public américain pour les remake, la question, effectivement, pouvait se poser... 

"Toni Erdmann", le film de toutes les surprises qui ne ressemble qu'à lui-même

Pour rappel, Toni Erdmann, c'est l'histoire d'un père et de sa fille. Avec, d’un côté, Ines (Sandra Hüller, hallucinante en petite fille coincée dans des vêtements d’adulte), consultante dans une société allemande à Bucarest rivée à son Smartphone, entièrement dédiée à sa vie professionnelle, qui n’a pas de temps à consacrer à sa famille. De l’autre, son père Winfried (Peter Simonischek, hallucinant en vieil ours lancé dans sa dernière blague, la plus drôle, la plus triste, la plus grande, la plus belle), qui aime plaisanter avec une prédilection pour les déguisements, les fausses dents, les perruques et plus si affinités.

En 2h42, la réalisatrice allemande Maren Ade répond de la plus sublime des façons à la question d'un père: "Comment faire pour que ma fille ne devienne pas un robot?". 


A l'arrivée, c'est le film de toutes les surprises qui ne ressemble qu'à lui-même. Qui raconte une histoire d’amour, celle d’un père et de sa fille qui se sauvent d’une déshumanisation prochaine. Qui parle de plein d’autres choses qui ne se racontent pas. Qui joue à farce et attrapes dans le monde bureaucratique de nos chères entreprises pour se moquer des esprits trop sérieux et révéler des frustrations trop grandes. Qui parle de nos masques sociaux. Qui digresse pour bousculer. Qui libère sur du Whitney Houston. Qui donne envie d’applaudir «comme les premiers spectateurs lors du passage au cinéma parlant». 

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