Toni Servillo : un acteur ivre de liberté

Toni Servillo : un acteur ivre de liberté

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SORTIE - L'acteur italien Toni Servillo incarne des jumeaux dans l'agréable comédie politique "Viva la Liberta". De passage à Paris, il a évoqué, cigare à la main, ce projet qui lui tient à coeur.

Quand Toni Servillo entre dans une pièce, son élégance laisse coi. Après une poignée de main franche, il se met à défendre avec une rare passion et dans un français honorable son nouveau film, Viva la libertà de Roberto Ando. "J'ai accepté de rejoindre ce projet car l'une de ses ambitions premières était de parler de politique avec légèreté", confie l'intéressé. Dans cette comédie douce-amère, le comédien italien, récemment élu meilleur acteur au European Awards pour La Grande Bellezza , incarne des frères jumeaux.

Enrico, le premier, est le secrétaire général du parti de l'opposition. Alors que les sondages le donnent perdant, il disparaît subitement, provoquant une panique monstre chez ses sympathisants. Ernani, le second, souffre d'une dépression et d'une bipolarité qui vont le pousser, pendant quelques jours, à remplacer son frère dans la politique. "N'importe quel comédien aimerait interpréter des jumeaux dans sa carrière, explique Servillo. Surtout quelqu'un comme moi, homme de théâtre, qui connait la tradition des grands auteurs, comme Molière par exemple, qui ont écrit sur cette dualité".

Un film conseillé au pape

En Italie, Viva la libertà , adapté d'un roman à succès de son propre réalisateur, a déjà rencontré un très vif succès. Les hommes politiques lui ont accordé un accueil très favorable, tout comme les intellectuels de la gauche. Parmi eux, Eugenio Scalfari, le très influent fondateur du quotidien La Republica. "Il a interviewé récemment le pape et lui a conseillé de découvrir le film, raconte le comédien avant d'éclater de rire. C'est génial !".

Et on le comprend ! Le résultat, bien qu'inégal, n'en demeure pas moins enthousiasmant et aborde le thème de la fuite vers l'avant avec le même ton délicat employé par Nani Moretti dans Habemus Papam. Après avoir incarné des personnages sombres dans des films majeurs tels que Gommora ou Il Divo, Servillo se dit heureux d'entrer, "modestement", dans cette grande tradition des œuvres politiques italiennes. "J'espère désormais pouvoir jouer dans un grand et beau film d'amour, prévient-il. Car un film d'amour réussi est un excellent film politique".

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