"Tu ne tueras point" : Mel Gibson signe un plaidoyer brutal et fascinant contre les horreurs de la guerre

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ON ADORE - Dix ans après son dernier film derrière la caméra, Mel Gibson revient sur le devant de la scène avec "Tu ne tueras point", l'histoire vraie du premier objecteur de conscience de l'armée américaine. Un grand film de guerre... contre la guerre, porté par l'excellent comédien britannique Andrew Garfield.

C’est dans la violence qu’il a explosé à la face du monde, héros de la trilogie Mad Max de George Miller. C’est dans la violence, aussi, qu’il a conquis Hollywood grâce à Martin Riggs, le héros torturé de L’Arme Fatale. C’est dans la violence, enfin, qu’il a gagné ses galons de réalisateur grâce à Braveheart, Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur, puis de La Passion du Christ, en dépit des controverses. 


Dix ans après Apocalypto, et bien des déboires personnels, Mel Gibson revient derrière la caméra avec son film le plus brutal… et le plus pacifique aussi. Tu ne tueras point narre l’histoire vraie de Desmond T. Doss, le premier objecteur de conscience de l’histoire de l’armée américaine. Durant la bataille Okinawa, en juin 1945, il va sauver plusieurs dizaines de ses camarades blessés avec son seul courage. Et sans jamais faire l’usage d’une arme.

Le genre de figure christique que Mel Gibson adore

Si le destin de son héros est notoire, c’est la manière dont le cinéaste qui compte. Et qui fait de ce long-métrage un film de guerre différent, qui se divise en deux parties bien distinctes, du moins sur la forme. Dans la première, on assiste à la jeunesse de Doss, dans une Amérique de carte postale, ou presque. Parce que son père, vétéran de la Première guerre mondiale, est un homme brisé qui bât femme et enfants. Parce que Desmond lui-même va manquer de tuer son frère lors d’une bagarre d’enfant.


Croyant, tendance mystique, tombé amoureux d’une jolie infirmière, ce garçon atypique va toutefois décidé de s’engager. Comme son frangin. Comme tous les jeunes hommes de l’époque. Mais refusant mordicus de mettre le doigt sur la détente. D’où un séjour à la caserne quasi-comique où le malheureux devient le souffre-douleur de sa hiérarchie et de ses camarades de chambrée. Jusqu’à la seconde partie du film, qui change radicalement de registre.

Andrew Garfield, épatant

Âmes sensibles, s’abstenir : Mel Gibson filme le champ de bataille avec un réalisme, une intensité, une cruauté  inédite. Comme pour mieux souligner l’extraordinaire courage de son héros. Car le mot n’est presque pas assez fort. Porté par sa foi, qu’on pourrait presque qualifier de folie douce, Doss est le genre de figure christique dont le cinéaste raffole. Le jeune acteur britannique Andrew Garfield, épatant, lui prête sa beauté juvénile, son charisme un brin naïf dans cette grande œuvre qui ne vise, au fond, qu’à dénoncer la violence qu’elle orchestre avec brio.

En vidéo

Tu ne tueras point de Mel Gibson : making of exclusif

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