"Tu ne tueras point" : Mel Gibson en dix films

CINÉMA

FLASHBACK. A l'occasion de la sortie ce mercredi de "Tu ne tueras point", retour sur dix films marquants dans la carrière du "réalisacteur" Mel Gibson.

Dans les années 2000, Mel Gibson a tourné peu de films en tant qu'acteur mais a su pleinement mettre à profit ses talents de réalisateur (Apocalypto et le présent Tu ne tueras point). Le comédien d'origine australienne n'a pas tardé à s'imposer à Hollywood et dans le coeur des spectateurs avec des rôles cultes et souvent musclés. C'est à la fin des années 70 que Mel Gibson débute sa carrière avec Summer City de Christopher Fraser, mais c'est surtout en parcourant le bitume de Mad Max qu'il gagne ses galons de star.

Mad Max (1979) de George Miller
Mad Max est à l'image des longues routes désertes et infinies que son héros arpente à bord de son bolide fou : un film d'une simplicité et d'une linéarité déconcertante qui atteint implacablement son point de non retour par la seule présence d'une mise en scène et d'un montage époustouflants (les poursuites en voitures, notamment celle qui ouvre le récit, possèdent toujours une efficacité redoutable). Si le thème du justicier solitaire (interprété ici par un charismatique Mel Gibson) a souvent été représenté au cinéma, rarement il n'aura été exploité de manière aussi sombre et désespérée. 

L'année de tous les dangers (1982) de Peter Weir
Dans Galipoli (1981), Mel Gibson s'engage pendant la première Guerre mondiale sous les ordres du réalisateur de Pique-Nique à Hanging Rock et Le Cercle des poètes disparus. Il y interprète Franck Dunne, jeune soldat qui va être confronté aux horreurs du conflit en Turquie. Avec son massacre final, le film atteint un point émotionnel élevé même s'il reste très académique le reste du temps. Un an après, Mel retrouve Peter Weir dans L'année de tous les dangers: l'acteur impresionne face à Sigourney Weaver. Il joue un jeune journaliste australien effectuant son premier reportage alors qu'un putsch militaire se prépare. A bien des égards, le film reste inoubliable avec un cocktail de thriller politique et de romance fiévreuse. 

Mad Max 2 : le défi (1981) de George Miller
Lorsque l'on pense film apocalyptique, on pense immédiatement à Mad Max 2. Point d'orgue de la carrière de George Miller, véritable monument de barbarie motorisée, enchaînant les poursuites hallucinantes et ultra violentes, Mad Max 2 reste, plus de 30 ans après, un chef d'œuvre inégalé. 

L'Arme fatale (1987) de Richard Donner
L'Arme fatale est le seul épisode de la série qui se suffit à lui même. D'une tout autre tenue que les autres, ce premier opus est d'une incroyable noirceur. Les épisodes suivants allaient vite s'orienter vers la comédie récoltant par là même des millions de dollars supplémentaires. L'Arme fatale constitue donc un vestige. Charpenté par un scénario très sombre (le personnage suicidaire joué par Mel Gibson) écrit par un expert du genre (Shane Black multiple récidiviste avec Le Dernier samaritain et Au revoir à jamais), L'Arme fatale est en quelque sorte le fleuron du polar urbain des années 80. 

L'Arme fatale 2 (1989) de Richard Donner
Un second volet toujours aussi spectaculaire, dans lequel l'immense Joe Pesci fait son apparition, pour notre plus grand plaisir. Derrière les dialogues, Shane Black assure des répliques qui claquent. Quant à Gibson, il semble s'éclater toujours autant et compose un duo génial avec Danny Glover. La quintessence du buddy movie, en somme.   

Hamlet (1990) de Franco Zeffirelli
Cette adaptation très libre de l'oeuvre shakespearienne déborde d'intentions louables dans la forme comme dans le fond. Dans le rôle titre, Mel Gibson est convaincant et s'échappe un temps de son image de dur à cuire. On a quand même tendance à penser que Glenn Close lui vole la vedette...

L'Homme sans visage (1993) de Mel Gibson
Un tournant dans la carrière de l'acteur puisqu'il est également derrière la caméra. En ermite défiguré, Mel Gibson construit une amitié touchante avec un jeune homme (Nick Stahl, parfait) voulant rejoindre l'Académie militaire d'Holyfield. Le duo fonctionne à merveille mais le cinéaste doit encore travailler son sens du rythme. 

Braveheart (1995) de Mel Gibson
Salué à sa sortie comme le renouveau du cinéma épique, Braveheart mérite amplement sa réputation de film barbare et engagé. Seconde réalisation de la star, il participe du même souci de sensibiliser le public aux souffrances d'un écorché vif prônant des valeurs humaines essentielles, ici la lutte contre l'asservissement et la préservation d'une culture. Mel Gibson voulait un film puissant et y est parvenu peut-être au-delà même de ses espérances

La Rançon (1996) de Ron Howard
Le film se présente comme une sorte de huis clos avec un nombre de personnages limités divisés entre deux camps : le camp des dominés et le camp des dominants. Le public, également représenté dans le film via les médias, joue le rôle de l'arbitre. Il faut avouer que tous les acteurs réalisent un travail fantastique. A commencer par Mel Gibson lui-même, complètement absorbé dans la peau de son personnage qui apparaît tour à tout en père de famille passionné (à l'image de ce qu'il est dans la vie), requin sans pitié pour les affaires (embrouille autour du personnage de Jackie Brown, nom dont la résonance sonne de façon particulière depuis le film de Tarantino) et incarnation d'un mélange entre animal blessé et désespéré, et psychopathe. Au final, un film de haut niveau autant sur le plan de la mise en scène que de sa performance d'acteurs.


Ce que veulent les femmes (2000) de Nancy Meyers
Il est évident qu'avec un sujet pareil, cette comédie était calibrée pour rameuter un très large public. Malgré son attitude peu recommandable, le sourire dentifrice et la cool-attitude du beau Mel empêchent son personnage d'être vraiment antiphatique. La première partie du film est de loin la meilleure.

Et aussi

Lire et commenter