Une enquête épingle le machisme dans le cinéma américain

Une enquête épingle le machisme dans le cinéma américain

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ENQUETE - Alors que des stars comme Sandra Bullock ou Jennifer Lawrence cartonnent devant la caméra, d'autres sont particulièrement lésées. Une enquête vient en effet de révéler que le pourcentage de femmes oeuvrant à la fabrication d'un film est en baisse depuis 16 ans.

Quelques jours après les critiques acerbes de Meryl Streep concernant la misogynie de Walt Disney , voilà qu'un rapport édifiant accuse plus largement le cinéma américain de ne pas employer assez de femmes. L'enquête, menée par le Dr. Martha Lauzen, à la tête du Center for the Study of Women in Television and Film, révèle que le nombre d'entre elles participant à l'élaboration d'un film a baissé de 2% entre 2012 et 2013. Elles n'étaient en effet que 16% - tous corps de métiers confondus - à être impliquées l'an dernier dans les principales sorties ciné aux Etats-Unis.

Ce pourcentage, peu reluisant, est en légère baisse depuis la première enquête de 1998. "L'industrie du film est en pleine inertie en ce qui concerne l'égalité des sexes, confie le Dr. Lauzen. Nous ne pouvons pas dire que les choses se sont arrangées depuis 16 ans". Sur les plus gros succès de 2013, les femmes ont été présentes dans les métiers de la réalisation à hauteur de 6%, soit une perte de trois points par rapport à l'an dernier.

Inégalités criantes

Alors que les hommes tiennent les rênes de Hollywood, force est de constater que les femmes se contentent de dérisoires miettes. Elles sont 10% de scénaristes, 15 % de productrices exécutives, 25% de productrices, 17% de monteuses, 3% de directrices photo, 2% de compositrices, 4% sur le son ou encore 2% au rayon des effets spéciaux. Ce constat est d'autant plus frustrant que la gent féminine truste souvent les sommets du box-office, à l'image de Sandra Bullock, qu'on a aperçue dans des succès populaires tels que Gravity et Les Flingueuses, ou Jennifer Lawrence dans Hunger Games.

Hasard ou non, ces chiffres nous arrivent alors que Beyoncé expliquait hier qu'il fallait "arrêter de croire au mythe de l'égalité des sexes" . Une prise de position intervenant après la rédaction d'un rapport publié par la journaliste Maria Shriver. Laquelle révélait que 42 millions d'Américaines vivent ou sont sur le point de vivre sous le seuil de la pauvreté. "A moins que les femmes et les hommes se disent ensemble que cette situation est inacceptable, rien ne changera", a conclu la chanteuse. A méditer.

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