"Une promesse" à moitié tenue pour Patrice Leconte

"Une promesse" à moitié tenue pour Patrice Leconte

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CRITIQUE - Un amour interdit, tel est le menu d'"Une promesse", le nouveau long métrage de Patrice Leconte, en salles ce mercredI. Le réalisateur y explore la romance tourmentée entre un jeune homme et l'épouse de son patron mourant.

1912. Friederich Zeitz (Richard Madden, de la série Games of Thrones ), peine à joindre les deux bouts. Son destin change quand son patron (Alan Rickman), à la tête d'une usine de sidérurgie allemande, lui propose de devenir son secrétaire à domicile. Le jeune homme rejoint bientôt la demeure de l'homme d'affaires mourant et rencontre son épouse (Rebecca Hall), une trentenaire séduisante dont il s'énamoure. A l'intérieur de la maison, la passion gonfle irrémédiablement jusqu'à ce que Friederich soit sommé de se rendre au Mexique pour y exploiter des mines de fer.

Avec Une promesse, le réalisateur français Patrice Leconte s'est attaqué à la nouvelle Le Voyage dans le passé de Stefan Zweig, parue en 1929. De ce texte court, l'intéressé ne garde que l'histoire d'amour (interdit). Ici, la première guerre mondiale, pourtant très présente dans le récit originel, est quasiment supprimée. Il n'y a bel et bien que les tourments animant les deux personnages principaux qui passionnent le cinéaste français. Il s'échine ainsi à filmer les regards furtifs, les gestes (pas si) anodins, s'attarde sur ces silences qui en disent long et tente, cahin caha, de scanner le squelette du sentiment amoureux.

Beau mais longuet

Visuellement, le résultat séduit grâce notamment au travail sur le photo d'Eduardo Serra et à une direction artistique probante. Hélas, au-delà de l'aspect esthétique, cette idylle peine à s'épanouir et à toucher le spectateur. La faute à un académisme de tous les instants qui neutralise systématiquement le récit. Dans sa volonté d'offrir un honnête mélo romanesque, Leconte congédie toute notion de spontanéité chez ses comédiens et préfère le mode "pilotage automatique". Dès lors, l'ennui s'installe inéluctablement et gangrène un spectateur beaucoup trop engourdi dans les dernières minutes pour apprécier les ultimes saillies émotionnelles. Toutes les promesses ne sont donc pas tenues.

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