"Une suite qui dérange" : pour Charles Berling, "ce n’est pas parce que Al Gore se met en scène qu’il n’est pas sincère"

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INTERVIEW – Après "Une vérité qui dérange" il y a dix ans, Charles Berling prête une nouvelle fois sa voix à Al Gore dans "Une suite qui dérange", en salles ce mercredi. L’occasion pour LCI de demander au comédien français quel regard il porte sur le combat - et les talents - de l'ancien vice-président américain.

Oscar du meilleur documentaire en 2007, Une vérité qui dérange voyait l’ancien vice-président démocrate américain Al Gore alerter ses concitoyens sur l’état de notre planète. Et notamment sur les ravages du réchauffement climatique, trop longtemps ignorés par ceux qui nous gouvernent. Comme à l’époque, c’est le comédien Charles Berling qui prête sa voix, en VF, au battu de l’élection controversée de 2000 dans un nouveau documentaire logiquement baptisé Une suite qui dérange.


"J’avais aimé le premier film parce qu’il expliquait bien des choses qui peuvent apparaître parfois un peu compliquées, mais qui ne le sont pas tant que ça", explique l’intéressé à LCI. "Ce que j’aimais beaucoup, c’est qu’il ramenait les problèmes généraux à ses problèmes personnels, à sa perception à lui. C’est ce qu'il s’est passé pour moi : je suis un enfant de Porquerolles et en 40 ans j’ai vu la côte se transformer (…) C’est bien de partir du particulier pour mieux comprendre le général."

Pour Charles Berling, le combat d’Al Gore est sans ambiguïté. Même s’il peut apparaître, en surface, comme un excellent showman. "Ce n’est pas parce qu’il sait se mettre en scène, parce qu’il a une attitude, comme diraient les Américains, de ‘professional’, qu’il réfléchit à des stratégies de com’, qu’il n’est pas sincère. Il fait ses conférences, il a ses trucs pour faire rire les gens. Oui, il a quelque chose d’un acteur. Mais la première définition de l’acteur, c’est de mentir pour dire la vérité."

Dans Une suite qui dérange, l’ancien vice-président de Bill Clinton découvre, atterré, les premières déclarations de Donald Trump sur le réchauffement climatique et son intention de sortir de l'accord signé à l'issue de la COP 21 à Paris. Tout ça pour ça ? "L’opiniâtreté dont font preuve Al Gore et beaucoup de gens montre qu’il ne faut jamais abandonner", insiste Charles Berling. "Il faut se dire que les prises de conscience se feront de toute façon, ne serait-ce qu’à cause des catastrophes liées au réchauffement climatique."


Pour le comédien, chacun est responsable, à son propre niveau. Et peut agir, de façon concrète, au quotidien, pour protéger l’environnement.  "Moi, je ne me sens pas comme un militant de la cause écologique", précise-t-il, "mais comme un homme responsable, de mon temps, qui voit des choses et qui fait le pari du plaisir, du bonheur. Et qui mise sur la qualité plutôt que sur un consumérisme qui, à mon sens, n’est pas pour mon bien."

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